Le Japon met la main sur une réserve géante de terres rares

Le Japon vient de découvrir un gisement de terres rares à 6 000 mètres de profondeur, potentiellement capable de transformer son économie.

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Le Japon met la main sur une réserve géante de terres rares
Le Japon met la main sur une réserve géante de terres rares © RSE Magazine

Le navire de recherche scientifique Chikyu a franchi une étape importante en remontant des échantillons de sédiments riches en terres rares dans la zone économique exclusive (ZEE) japonaise. À une profondeur impressionnante de 6 000 mètres, ces prélèvements, décrits comme de la « boue de terres rares », ont été réalisés dans les eaux autour de Minami Torishima, et pourraient peser sur l’économie et la sécurité du Japon. Cette découverte tombe au moment où le pays cherche à diminuer sa dépendance à l’égard de la Chine, qui fournit la majorité des métaux dits critiques utilisés par l’industrie, soulignant les enjeux géopolitiques.

Des réserves qui pourraient changer la donne

Les premières estimations évoquent plus de 16 000 000 tonnes de terres rares dans cette zone précise. D’après Le Monde, si la quantité est confirmée, le Japon pourrait devenir le troisième détenteur mondial de ces ressources, un atout stratégique majeur. Pour certains métaux, comme le dysprosium et l’yttrium, les estimations suggèrent que les réserves pourraient couvrir la consommation mondiale pendant respectivement 730 ans et 780 ans. Ces métaux sont indispensables pour de nombreuses technologies modernes, notamment les aimants haute performance des moteurs de véhicules électriques et des missiles, ainsi que pour les lasers et les écrans.

Ce que ça change pour l’économie et la géopolitique

Aujourd’hui, le Japon importe encore environ 70 % de ses métaux critiques de la Chine, un pays qui contrôle 92 % du marché mondial du raffinage de ces métaux. Qualifiées de « pétrole du 21e siècle », les terres rares offrent au Japon une voie pour réduire cette dépendance et renforcer sa chaîne d’approvisionnement nationale. La Première ministre Sanae Takaichi a écrit sur son compte X, anciennement Twitter, que c’était « une première étape vers l’industrialisation des terres rares produites localement au Japon », ajoutant que le gouvernement s’efforcera de « mettre en place des chaînes d’approvisionnement résilientes ».

Les défis techniques et les plans pour l’avenir

Extraire des terres rares à plus de 6 000 mètres n’est pas simple, ce qui soulève des questions sur les méthodes d’extraction actuelles. Les fonds marins à cette profondeur sont plongés dans l’obscurité totale et soumis à des pressions énormes, des difficultés comparables à celles rencontrées dans la conquête spatiale. Les coûts d’exploitation sont aussi qualifiés de « faramineux », ce qui soulève des questions sur la rentabilité économique de l’exploitation minière sous-marine. Malgré tout, le Japon a des objectifs clairs : des tests d’extraction à grande échelle sont prévus dès 2027, avec un objectif de 385 tonnes par jour.

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