Le 17 février 2026, une révélation scientifique a été rendue publique qui bouscule notre vision des grandes profondeurs. Des chercheurs chinois, dirigés par l’équipe de Xiaotong Peng, ont mené une exploration audacieuse dans la fosse des Kouriles et mis au jour des écosystèmes insoupçonnés à des profondeurs abyssales. Cette découverte, rapportée par Futura Sciences et d’abord publiée dans la revue Nature en 2025, pose des questions majeures sur la capacité de la vie à s’adapter en écosystèmes extrêmes.
Ce qu’ils ont découvert au fond de l’océan
L’expédition s’est appuyée sur le submersible habité Fendouzhe, qui a permis aux scientifiques de sonder à plus de 9 500 m de profondeur, dans la zone entre les îles Kouriles et les Aléoutiennes. Les recherches ont continué à bord du navire Tan Suo Yi Hao, où des analyses poussées ont été menées. La zone étudiée est qualifiée d’hadale (profondeurs au‑delà de 6 000 m), un milieu où l’on pensait jusque-là que la vie était rare, voire absente. L’équipe a non seulement confirmé la présence d’organismes vivants, mais a aussi constaté une biodiversité marine s’étendant sur plus de 2 500 km.
Le milieu est riche en méthane et en sulfures d’hydrogène, qui servent de base à l’écosystème chemosynthétique observé, semblable aux émissions de méthane sous l’Arctique. On y trouve des vers siboglinidés, des crustacés, des bivalves géants, des amphipodes et des holothuries, montrant une incroyable adaptation à l’absence totale de lumière, à une pression mille fois supérieure à celle de la surface, et à des températures proches du point de congélation, semblable aux micro-organismes extrémophiles. Ces organismes développent des symbioses complexes avec des bactéries capables de convertir l’énergie chimique en matière organique.
Ce que cela change pour la science et la géologie
La configuration tectonique, avec la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque d’Okhotsk, alimente l’activité géothermique qui nourrit ces écosystèmes. Des failles actives libèrent des fluides chargés en gaz et en minéraux précieux, nécessaires à la prolifération de la vie au fond de l’océan. Les bactéries jouent un rôle central en exploitant l’énergie de ces fluides, notamment en produisant du méthane par réduction du dioxyde de carbone. Ces processus géochimiques montrent que ces communautés peuvent fonctionner indépendamment de la photosynthèse, et évoquent des parallèles possibles avec des environnements susceptibles d’abriter la vie sur Mars ou sur des lunes comme Europe.
Cette avancée remet en cause l’idée que les zones hadales sont stériles : la vie complexe peut s’y développer dans des conditions jusqu’ici jugées impossibles. Futura Sciences souligne l’importance de cette découverte, la qualifiant de « rupture » dans notre perception des abysses.








