Une nouvelle analyse suggère que la célèbre Grande Pyramide de Gizeh pourrait être bien plus ancienne que ce que l’on pensait. L’hypothèse, capable de bouleverser notre vision de l’histoire égyptienne, vient d’une étude signée par Alberto Donini, ingénieur à l’Université de Bologne. D’après le magazine spécialisé, IFL Science, la datation généralement admise place la construction autour de 2 575 av. J.-C., sous le règne du pharaon Khufu, mais Donini avance une estimation proche de 23 000 av. J.-C.. Cette différence d’environ 20 000 ans pourrait, si elle se confirmait, changer la donne.
Une autre façon de dater les pierres
Alberto Donini, connu pour ses travaux préliminaires sur la Méthode d’Érosion Relative (REM), remet en cause les approches de datation classiques en utilisant une formule mathématique originale. La REM se base sur le ratio entre deux types d’érosion qui affectent le même type de roche : une dont la date est connue et une autre à dater. Pour son analyse, Donini a étudié 12 points précis autour de la base de la pyramide, en comparant soigneusement les surfaces autrefois recouvertes du revêtement de calcaire poli et celles qui sont restées exposées.
Avec cette méthode, Donini estime que la pyramide aurait pu être construite il y a environ 25 000 ans. Mais la communauté scientifique reste très sceptique. Le rapport de Donini en est encore à un stade préliminaire et n’a pas passé l’évaluation par les pairs nécessaire pour valider de telles affirmations. La REM elle-même est jugée controversée, notamment parce que les taux d’érosion varient énormément et ne se prêtent pas forcément à une analyse linéaire simple.
Récits anciens et traces d’érosion
La chronologie traditionnelle de la Grande Pyramide s’appuie en partie sur les récits d’Hérodote (historien grec ancien) et sur des graffiti découverts au XIXe siècle, qui mentionnent Khufu et sont considérés comme des inscriptions d’ouvriers. En outre, les datations antérieures se sont appuyées sur la datation par radiocarbone de prélèvements de mortier, qui situent la construction entre 2 620 av. J.-C. et 2 484 av. J.-C..
La méthode proposée par Donini insiste sur les changements climatiques et les facteurs d’érosion survenus au fil des siècles. Vent, érosion liée à l’eau, fluctuations de température et même pluie acide ont attaqué la structure de la pyramide. Ces agressions, amplifiées par l’activité humaine moderne, compliquent la lecture des marques d’érosion observées.








