Le 22 décembre 2025, Mercedes a officialisé un accord avec les autorités américaines pour mettre fin à des poursuites liées à l’utilisation de logiciels truqués sur des véhicules diesel. Cette affaire, qui s’inscrit dans la longue traîne du scandale des émissions polluantes dans l’automobile aux États-Unis et en Europe, illustre la difficulté pour un grand groupe industriel de restaurer sa crédibilité environnementale après des accusations de fraude.
Mercedes face aux accusations de fraude aux émissions polluantes aux USA
Depuis plusieurs années, Mercedes fait l’objet d’accusations précises de la part des autorités américaines, lesquelles estiment que le constructeur a équipé certains modèles diesel de logiciels non déclarés. Ces dispositifs, qualifiés de « defeat devices », auraient permis d’optimiser les résultats lors des tests réglementaires, tout en laissant les véhicules émettre davantage de polluants en conditions réelles. Selon les procureurs généraux des États plaignants, cette pratique constitue une violation des lois environnementales et des règles de protection des consommateurs, dans un contexte de pollution atmosphérique déjà jugée critique dans de nombreuses zones urbaines américaines, souligne Reuters. Les autorités estiment que plus de 211 000 véhicules diesel vendus ou loués entre 2008 et 2016 aux États-Unis seraient concernés.
Face à l’ampleur du scandale, Mercedes a choisi la voie transactionnelle, une stratégie classique de gestion de crise visant à limiter l’incertitude judiciaire et à encadrer les conséquences financières. L’accord prévoit un paiement global d’environ 149,6 millions de dollars, soit près de 137 millions d’euros, selon Reuters. Cette somme doit être répartie entre pénalités civiles, financement de programmes environnementaux et compensations destinées aux consommateurs concernés. Mercedes a déjà versé environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 2 milliards d’euros, dans un accord antérieur conclu en 2020 aux États-Unis.
Pas une reconnaissance de culpabilité
Dans une logique de réparation, Mercedes s’engage également à prendre en charge la mise à jour des logiciels de contrôle des émissions, sous supervision réglementaire, et à offrir des garanties prolongées sur les véhicules modifiés. Les propriétaires éligibles pourront percevoir l’équivalent d’environ 1 830 euros par véhicule après installation des correctifs, selon les informations relayées par les autorités américaines en décembre 2025.
Mercedes rappelle qu’il ne s’agit pas d’une reconnaissance formelle de culpabilité, une position fréquente dans ce type de règlement. Toutefois, pour les autorités américaines, le message est clair : la fraude aux émissions polluantes ne peut être traitée comme une simple non-conformité technique, mais comme une atteinte directe à la confiance du public et aux politiques de lutte contre la pollution.








