Crise de l’eau : Athènes débloque 2,5 milliards d’euros pour sauver le pays de la soif

La Grèce fait face à une crise de l’eau alarmante : plus de la moitié des habitants sont en forte pression hydrique.

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Crise de l’eau : Athènes débloque 2,5 milliards d’euros pour sauver le pays de la soif
Crise de l’eau : Athènes débloque 2,5 milliards d’euros pour sauver le pays de la soif © RSE Magazine

La Grèce fait face à une crise de l’eau sans précédent qui menace sa capitale, Athènes, et de nombreuses îles très prisées des touristes. La situation résulte d’une combinaison de sécheresses marquées, d’hivers doux et de pluies insuffisantes, ce qui place plus de la moitié des habitants sous une forte pression hydrique. Selon Science et Avenir, le pays se situe au 19e rang mondial pour le risque de pénurie d’eau et voit ses ressources se réduire dangereusement, posant un défi de taille pour sa population et son économie.

La situation actuelle et ses défis

Athènes et l’Attique, sa région environnante, se trouvent particulièrement dans la tourmente. Avec un bassin peuplé de 4,4 millions d’habitants, ces zones se retrouvent avec un approvisionnement en eau vraiment précaire. Thessalonique, la deuxième ville du pays, et les îles des Cyclades ne sont pas épargnées. Le lac artificiel de Mornos, qui fournit l’eau principale de l’Attique, a vu sa superficie chuter de 14–15 km² à seulement 8 km².

Les chiffres montrent qu’on perd environ 250 millions de mètres cubes d’eau chaque année depuis 2022. Parallèlement, les précipitations ont diminué de 25 %, tandis que l’évaporation monte chaque année de 15 %. L’été 2024 a été le plus chaud jamais enregistré en Grèce, avec une hausse moyenne des températures estivales de 2,3 degrés Celsius due au réchauffement climatique.

Les mesures engagées et le financement

Face à la gravité de la situation, le gouvernement grec a décidé de prendre les choses en main, avec des restrictions d’eau et des plans de gestion. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a dévoilé un plan ambitieux doté d’un budget de 2,5 milliards d’euros sur dix ans pour lutter contre les pénuries pendant l’été. Le ministre de l’Énergie et de l’Environnement, Stavros Papastavrou, a présenté ce plan qui comprend, entre autres, le renforcement des réserves d’eau d’Athènes et la construction d’unités de désalinisation pour les îles.

Kyriakos Mitsotakis indique : « Nous devons être parés au pire des scénarios possibles », soulignant l’urgence d’agir rapidement. Stavros Papastavrou ajoute : « Les données montrent qu’après Chypre, notre pays va vivre le plus fort stress hydrique d’Europe du Sud. »

Changements climatiques et gaspillage d’eau

Les épisodes de chaleur estivale de plus en plus fréquents accentuent ce problème en augmentant la demande en eau. Ajoutez à cela le gaspillage constaté dans des secteurs comme l’irrigation agricole, et la situation se complique encore davantage. Pour donner une idée, à Singapour et en Israël, chaque goutte est utilisée deux à trois fois, alors que la gestion actuelle en Grèce laisse nettement à désirer.

Kostas Lagouvardos avertit : « Si on n’enregistre pas suffisamment de pluie et de neige en novembre et décembre, on risque de se retrouver avec un sérieux problème d’eau au printemps. » Cette remarque rappelle combien la situation demande une réaction rapide.

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