Les forêts tropicales australiennes, jadis considérées comme des alliées dans la lutte contre le réchauffement, se transforment en sources inquiétantes de gaz à effet de serre. Cette redéfinition vient d’une étude récente qui questionne toute la logique des politiques climatiques mondiales. Dans le passé, ces forêts jouaient un rôle majeur en absorbant une part importante du dioxyde de carbone émis par l’homme. Pourtant, de nouvelles observations laissent penser que cette capacité pourrait être sérieusement fragilisée.
Un retournement de situation scientifique
L’étude, parue le 15 octobre 2025 dans la revue Nature, repose sur près d’un demi-siècle de données recueillies dans vingt forêts tropicales du Queensland. Entre 1971 et 2000, ces espaces verts captaient en moyenne 0,62 tonne de carbone par hectare chaque année. Mais entre 2010 et 2019, elles ont commencé à rejeter 0,93 tonne de carbone par hectare et par an. Ce renversement spectaculaire montre bien que le rôle des forêts a changé.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène préoccupant. La multiplication et la montée en intensité des cyclones ont sérieusement abîmé ces milieux sensibles. En parallèle, les périodes de sécheresse prolongée et les températures extrêmes freinent la croissance des jeunes pousses tout en faisant dépérir les vieux arbres. Ces conditions difficiles perturbent le renouvellement naturel des peuplements, limitant ainsi leur capacité à stocker le carbone.
Conséquences au niveau mondial et régional
Cette découverte soulève d’importantes questions sur les stratégies de réduction des émissions. Les modèles climatiques internationaux pourraient surestimer la capacité des forêts à contrebalancer les émissions si ce phénomène s’étend à d’autres régions, atteignant ainsi des points de basculement.
En Australie, selon un rapport de l’Australian Climate Service publié en septembre 2025, le pays a déjà franchi la barre d’un réchauffement moyen de 1,5 °C. Les risques y sont décrits comme « cumulatifs, simultanés et en cascade », rappelant combien il est urgent d’agir ensemble pour atténuer ces effets.








