Les PFAS, ces polluants éternels, se glissent dans de nombreux aliments qu’on consomme au quotidien, mais aussi à travers l’exposition significative à la poussière domestique. Invisibles à l’œil nu, ces composés chimiques ne disparaissent pas de l’environnement et finissent par s’accumuler chez les êtres vivants. En France, plus d’un tiers de la population est exposé à des niveaux préoccupants de ces substances. Le magazine Futura s’est penché sur le sujet dans son numéro « PFAS : le poison est servi ».
Une situation inquiétante aux États-Unis
Aux États-Unis, la donne est particulièrement préoccupante. 98 % des Américains retrouvent des traces de PFAS dans leur sang. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en France n’est pas étonnée par ces chiffres, qui montrent bien que ces polluants sont partout. Les PFAS se distinguent par leur ténacité et leur capacité à se déplacer facilement dans l’environnement, ce qui rend leur élimination compliquée. Ils s’accumulent tant chez les adultes que chez les enfants, qui arrivent déjà en ayant été exposés à ces produits.
L’alimentation, première porte d’entrée
La nourriture apparaît comme la principale source de contamination. En effet, les PFAS s’introduisent dans la chaîne alimentaire surtout via les pesticides. Comme l’explique Amina Amadou : « La première source de contamination, c’est l’alimentation ». Un rapport publié en novembre 2023 par l’ONG Pesticide Action Network Europe (PAN) révèle que 37 ingrédients actifs synthétiques utilisés comme pesticides dans l’Union européenne sont en réalité des PFAS, ce qui représente 12 % du total. En France, ce pourcentage monte jusqu’à 13 %, avec une hausse des ventes marquée entre 2008 et 2021.
Les atouts des PFAS en agriculture
Les PFAS possèdent des propriétés hydrophobes et lipophobes qui leur assurent une stabilité chimique impressionnante et une résistance aux UV. Ces caractéristiques les rendent particulièrement efficaces pour prolonger les effets des traitements agricoles. Gilles Boulanger explique que « les PFAS sont beaucoup plus petits, beaucoup plus mobiles », ce qui permet d’en utiliser une moindre quantité tout en renforçant leur efficacité.
On peut citer des exemples comme le fluopyram, le flonicamide et la lambda-cyhalothrine, qui se dispersent dans l’eau, l’air et les sols aux alentours.
Des PFAS qui envahissent fruits, légumes et vins
Nos fruits et légumes ne sont pas épargnés par la contamination des fruits, avec un fruit sur cinq contenant au moins un type de PFAS : les fraises (37 %), les pêches (35 %) et les abricots (31 %) sont parmi les plus touchés. Les fruits produits localement affichent un taux de contamination supérieur à celui des importations. Chez les légumes européens, 12 % s’en trouvent contaminés, avec une présence particulièrement marquée chez les chicorées (42 %). Les concombres, aubergines et poivrons importés présentent eux aussi une contamination notable, souvent associée à des résidus de pesticides.
Entre 2011 et 2021, la présence de PFAS a presque triplé, avec une augmentation de 220 % pour les fruits et de 247 % pour les légumes. Par ailleurs, depuis le début des années 2000, une accumulation exponentielle de PFAS a été observée dans tous les vins récents testés en Europe, selon un rapport attendu pour avril 2025 par PAN.








