Ce geste anodin avec un frelon asiatique pourrait avoir des conséquences dramatiques

Le frelon asiatique, un prédateur redoutable, menace 30% des colonies d’abeilles en France.

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Ce geste anodin avec un frelon asiatique pourrait avoir des conséquences dramatiques
Ce geste anodin avec un frelon asiatique pourrait avoir des conséquences dramatiques © RSE Magazine

Le frelon asiatique, ou Vespa velutina, s’est immiscé dans le paysage écologique européen depuis son arrivée en 2004 en France. Originaire d’Asie, il a été accidentellement introduit aux abords de Bordeaux via un conteneur de poteries chinoises. Depuis, il s’est répandu dans tout le pays, bouleversant l’équilibre naturel de nombreuses régions et obligeant la science à repenser les méthodes de gestion des espèces envahissantes.

Ses traits particuliers

Mesurant entre 2 et 3 cm, le frelon asiatique se remarque par son corps noir orné d’une large bande orange sur l’abdomen et ses pattes jaunes en bout. Son nid, souvent caché dans des arbres ou dans des greniers, peut prendre la forme d’une silhouette de poire pouvant atteindre jusqu’à 1 mètre de diamètre. Ces caractéristiques lui permettent de se fondre dans son environnement tout en abritant de robustes colonies.

Quel effet sur la nature

Le frelon asiatique menace la biodiversité locale, surtout celle des abeilles mellifères, des bourdons, des guêpes et des papillons. Une colonie peut avaler plus de 11 kilos d’insectes pendant l’été. Ce redoutable prédateur perturbe le comportement des abeilles, qui, stressées par sa présence, arrêtent parfois de sortir pour polliniser. En France, environ 30% des pertes de colonies d’abeilles sont liées à cet insecte. Au Portugal, la situation est encore plus dramatique avec jusqu’à 50% des ruches détruites.

Risques pour l’homme

Même si le frelon asiatique n’est pas spécialement plus dangereux qu’une guêpe ou un frelon européen, sa piqûre peut provoquer une douleur intense. Les personnes allergiques ou ayant un système immunitaire fragilisé doivent redoubler de prudence. Un élément notable est que lorsqu’on écrase un frelon, il libère des phéromones d’alarme (des signaux chimiques qui alertent ses congénères), ce qui peut déclencher des attaques groupées.

La communication chimique du frelon asiatique rend inefficace l’élimination d’un insecte isolé. En effet, écraser un frelon libère un composé odorant qui alerte les autres. Alexandre Merel, directeur de l’entreprise Vermin Buster près de Rennes, prévient ainsi : « Tous les jours, j’ai des clients qui se font piquer par des frelons asiatiques quand ils s’approchent trop près de leur nid ou tentent de les traiter eux-mêmes ». Par ailleurs, les pièges et appâts peuvent souvent attirer encore plus d’insectes indésirables.

Une gestion raisonnée avec des experts

Face à cette expansion massive, l’idée d’une élimination totale paraît irréaliste. La recherche se concentre maintenant sur des méthodes de contrôle biologique, comme l’emploi de prédateurs naturels ou de parasites spécifiques. La sensibilisation du public est importante pour favoriser une gestion collective impliquant la vigilance citoyenne et l’utilisation de solutions inspirées par la nature.

Les interventions professionnelles sont vivement conseillées pour gérer ce problème complexe. Les nids actifs situés à moins de 10 mètres des zones fréquentées peuvent être supprimés en été par des spécialistes formés. En hiver, ces nids sont généralement vides et ne posent pas de danger immédiat.

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