Le 28 mai, le glacier suisse Birch a subi un effondrement spectaculaire qui a envoyé une avalanche de glace et de débris en direction du hameau de Blatten. Heureusement, grâce à l’évacuation préventive des 300 habitants, aucun décès n’a été enregistré, même si le village a subi de lourdes dégradations. Ce phénomène nous rappelle bien que les montagnes, surtout dans les Alpes, ne plaisantent pas avec les phénomènes naturels – et peut-être aussi avec les réchauffement climatique.
Les origines et détails de l’éboulement
L’effondrement du glacier Birch s’est produit après une succession de signaux géologiques inquiétants. Au Petit Nesthorn – qui culmine à 3 342 mètres et domine le glacier – des signes d’instabilité avaient déjà été relevés. En fait, dix jours avant la catastrophe, on avait remarqué une accélération des chutes de pierres, jusqu’à voir trois millions de mètres cubes de roches se déverser sur le glacier en un clin d’œil. À noter que ce glacier, unique en Suisse par son avancée, était déjà mis à rude épreuve par sa position sur une pente raide. La force des roches a bouleversé l’équilibre entre le poids du glacier et la pente, déclenchant ainsi l’effondrement.
Ce qui a favorisé l’effondrement
Divers éléments ont contribué à ce désagrément naturel. Situé à 1 000 mètres au-dessus de la vallée du Lötschental, le glacier stockait une énergie potentielle considérable. Le frottement généré par la chute a même fait partiellement fondre la glace, créant un coussin d’eau qui a facilité le glissement (ce qui a accentué le phénomène). Par ailleurs, la fonte du pergélisol dans les Alpes – où cette glace agit comme un liant stabilisateur – est aussi envisagée comme une cause possible. Matthias Huss explique d’ailleurs dans une interview avec l’AFP : « Pour l’instant, nous ne pouvons pas affirmer que la fonte du pergélisol soit à l’origine de l’effondrement […] mais c’est au moins une explication très probable ».
Climat et gestion des urgences
La relation entre cet effondrement et le fonte des glaciers fait débat parmi les spécialistes. Ali Neumann indique que, même si les effets liés au climat méritent d’être étudiés de près, il est évident que les transformations de la cryosphère ont des répercussions de plus en plus marquées sur les populations vivant à proximité des glaciers. Jakob Steiner ajoute qu’il n’existe pas encore de preuve concrète reliant directement cet incident à un réchauffement climatique.
La gestion rapide des urgences a tout de même permis de limiter les dégâts lors de ce drame. L’évacuation organisée des habitants de Blatten en est un bel exemple. Ali Neumann souligne : « Cela a également montré qu’avec les bonnes compétences […] vous pouvez réduire considérablement l’ampleur de ce type de catastrophe ».
Se préparer dans les zones à risque
Ce drame met aussi en lumière la nécessité de mieux se préparer dans les régions de montagne partout dans le monde, notamment face aux conséquences sismiques. Stefan Uhlenbrook appelle à renforcer toute la chaîne, de la surveillance au partage des données en passant par l’évaluation des risques. Par ailleurs, en Asie, où les catastrophes liées aux phénomènes climatiques sont fréquentes – comme le rapporte un document des Nations Unies en 2024 – plusieurs pays manquent encore sérieusement de ressources pour surveiller leurs glaciers.
Dans l’Himalaya, où les glaciers fondent à une vitesse alarmante tout en fournissant de l’eau à près de deux milliards de personnes, les défis sont particulièrement gros. Jakob Steiner insiste sur l’importance d’impliquer les communautés locales dans ces démarches d’adaptation aux changements.








