TPE-PME : le partage de la valeur oui, mais avec quelques conditions

Selon le dernier Observatoire WiiSmile, mené en mars 2025 avec Viavoice, une majorité de dirigeants de TPE et PME se déclarent favorables à l’idée de redistribuer une part de la richesse à leurs salariés.

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Rôle des salariés dans l'entreprise, la vision libérale du partage du pouvoir
TPE-PME : le partage de la valeur oui, mais avec quelques conditions © RSE Magazine

Le partage de la valeur s’installe peu à peu dans les pratiques des TPE et PME françaises. Mais à une condition ferme : ne jamais fragiliser l’entreprise. Entre volonté d’engagement social et prudence financière, les dirigeants avancent avec mesure.

Partage de la valeur : Un sujet devenu central dans les entreprises françaises

Depuis le 1ᵉʳ janvier, les entreprises de 11 à 49 salariés sont concernées par une nouvelle obligation introduite par la loi n° 2023-1107. Dès lors qu’elles ont généré un bénéfice net d’au moins 1 % du chiffre d’affaires pendant trois années consécutives, elles doivent désormais mettre en place un dispositif de partage de la valeur : prime, intéressement ou participation. Mais sur le terrain, cette évolution réglementaire rencontre une réalité contrastée.

Selon le dernier Observatoire WiiSmile, mené en mars 2025 avec Viavoice, une majorité de dirigeants de TPE et PME se déclarent favorables à l’idée de redistribuer une part de la richesse à leurs salariés. Toutefois, 7 dirigeants sur 10 posent une limite : cette redistribution ne peut être envisagée que si la solidité économique de l’entreprise est préservée.

Sécuriser, investir, partager : des arbitrages constants pour les dirigeants

En matière de gestion, les priorités sont claires. Selon l’enquête, 70 % des dirigeants affirment consacrer en premier lieu les richesses créées à la sécurisation de la trésorerie. Viennent ensuite l’investissement dans l’outil de travail et l’amélioration des conditions de travail (60 % chacun).

Ce n’est qu’après ces étapes que le partage de la valeur apparaît comme une option possible pour 52 % des dirigeants, voire 66 % des clients WiiSmile. Pour eux, le geste de redistribution ne peut être qu’un acte de choix, adapté aux capacités réelles de leur structure. En clair : sans assise financière solide, pas de transfert d’argent possible.

Entre affichage d’intention et réalité d’action

Les dispositifs de partage sont bien identifiés dans les TPE-PME : 79 % des dirigeants connaissent la prime collective, 52 % le Plan d’Épargne Entreprise (PEE), 45 % l’intéressement. Pourtant, seuls 34 % d’entre eux ont effectivement déployé une solution concrète. Pourquoi ce décalage ? D’abord, le sentiment que la taille de l’entreprise ne s’y prête pas (45 %). Ensuite, l’absence de retour tangible en performance ou en engagement (37 %). Enfin, la présence d’autres priorités stratégiques (30 %). Autant de freins qui révèlent une tension permanente entre la volonté d’impliquer les salariés et les réalités de gestion.

Quand ils s’engagent, les dirigeants le font d’abord par conviction personnelle. Dans 85 % des cas, l’initiative provient directement du chef d’entreprise, parfois accompagné par un partenaire (avocat, expert-comptable, banquier). Le renforcement de l’engagement des salariés est la motivation première, citée par 8 dirigeants sur 10. Vient ensuite la stimulation de la performance collective (60 %). Les avantages fiscaux, eux, n’arrivent qu’en dernier ressort, mentionnés par seulement 20 % des répondants. Un constat qui place le partage de la valeur comme un levier managérial plus que comme une stratégie d’optimisation.

Un cadre légal en mutation et encore peu maîtrisé

La loi de novembre 2023 impose désormais aux entreprises rentables de 11 à 49 salariés de choisir au moins un des leviers suivants : participation, intéressement, prime de partage de la valeur (PPV) ou abondement sur plan d’épargne.

Pourtant, une étude réalisée au printemps 2025 relayée par Le Monde révèle que 59 % des dirigeants ignorent encore leur nouvelle obligation. Dans les faits, la PPV reste la solution privilégiée : 43 % des dirigeants concernés envisagent de la mettre en place cette année, contre 21 % pour l’intéressement.

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