Fonte des glaciers spectaculaire : chaque seconde, le monde perd l’équivalent de 3 piscines olympiques de glace

Chaque seconde, trois piscines olympiques de glace fondent, révélant une réalité alarmante.

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Fonte des glaciers spectaculaire : chaque seconde, le monde perd l'équivalent de 3 piscines olympiques de glace
Fonte des glaciers spectaculaire : chaque seconde, le monde perd l’équivalent de 3 piscines olympiques de glace | RSE Magazine

La glace des glaciers fond à une vitesse alarmante dans le monde entier, avec trois piscines olympiques de glace qui disparaissent chaque seconde. Cette réalité est mise en avant par une étude internationale pilotée par le World Glacier Monitoring Service (WGMS) de l’Université de Zurich (UZH). La recherche, qui couvre la période de 2000 à 2023, fournit des chiffres préoccupants sur la perte de glace et ses répercussions à l’échelle mondiale.

Des chiffres qui en disent long

Entre 2000 et 2023, les glaciers ont perdu en moyenne 300 milliards de tonnes de glace chaque année, ce qui représente une diminution totale de 6 542 milliards de tonnes sur ces 23 ans. On parle ici d’une baisse notable de 5 % du volume total depuis le début du millénaire. En 2000, on estimait le volume des glaciers à environ 134 182 milliards de tonnes de glace, chiffre qui est tombé à environ 126 971 milliards de tonnes en 2023. Les glaciers des Alpes et des Pyrénées ont particulièrement souffert, avec une perte pouvant atteindre 40 % de leur volume en seulement 23 ans.

Les chiffres sont encore plus marquants dans les Alpes européennes où ils ont perdu 10 % en seulement deux ans. Dans les îles subantarctiques, environ 2 % du volume glaciaire a disparu. Notez que cette tendance inquiétante s’est accélérée au fil du temps, avec une augmentation de 36 % du taux annuel de fonte entre 2000-2011 et 2012-2023. Michael Zemp, l’un des chercheurs principaux, s’exprime ainsi dans Live Science : « Nous nous attendions à ce que les glaciers fondent, mais la quantité de glace perdue ces dernières années est choquante même pour nous, scientifiques. ».

Un réchauffement climatique à l’origine de ces changements

La fonte rapide des glaciers est en grande partie liée au réchauffement climatique provoqué par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, un phénomène qui peut mener à un effondrement glacier. Ces glaciers, qui représentent environ 70 % des réserves d’eau douce mondiales, réagissent très vivement à la chaleur. Fanny Brun le souligne d’ailleurs à France Info : « Les glaciers sont très, très sensibles au réchauffement climatique. » Par ailleurs, depuis l’an 2000, seule l’année 2001 a affiché un bilan positif pour les glaciers alpins, malgré les émissions de gaz à effet de serre élevées.

La fonte glaciaire contribue aussi à élever le niveau des mers : on a observé une augmentation de 1,8 cm pendant la période étudiée, un chiffre qui dépasse les contributions de la calotte glaciaire du Groenland depuis les années 1990.

Des répercussions sur nos réserves d’eau douce

Les conséquences ne se limitent pas aux changements du niveau des mers. Les glaciers jouent un rôle de premier plan en fournissant de l’eau douce à plusieurs régions. En Asie centrale et dans les Andes centrales notamment, la réduction de ces masses de glace pourrait sérieusement mettre en péril l’approvisionnement local en eau. Inés Dussaillant Lehmann insiste en rappelant que « les glaciers sont des ressources vitales en eau douce ».

Le futur s’annonce tout aussi inquiétant : même si les émissions mondiales étaient réduites immédiatement, au moins 25 % des glaces actuelles pourraient disparaître d’ici à 2100. Sans mesures pour freiner ces émissions, jusqu’à 50 % de la glace pourrait s’évaporer d’ici la fin du siècle.

L’heure d’agir, et vite

Face à ces perspectives préoccupantes, les auteurs de l’étude lancent un appel à une action politique sans délai pour freiner ces pertes et éviter que la situation ne se dégrade encore plus. Chaque dixième de degré Celsius évité pourrait contribuer à préserver ces précieuses étendues de glace et à protéger notre planète.

L’étude, publiée dans la revue Nature, souligne non seulement l’urgence d’une réponse à l’échelle mondiale mais aussi la nécessité d’inverser cette tendance avant que la situation ne devienne incontrôlable. Samuel Cook conclut en expliquant : « C’est à peu près aussi robuste qu’une analyse de données à l’échelle mondiale peut l’être. » Le moment est donc venu pour chacun de nous d’agir pour conserver nos réserves d’eau douce pour les générations futures.

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