La Terre à bout de souffle : elle absorbe de moins en moins de CO2

Les forêts et sols perdent leur capacité à absorber le CO2, tandis que les émissions explosent.

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La Terre à bout de souffle : elle absorbe de moins en moins de CO2
La Terre à bout de souffle : elle absorbe de moins en moins de CO2 © RSE Magazine

En janvier 2025, on a constaté des températures record qui ont pris tout le monde de court, surtout quand on sait que La Niña (phénomène climatique lié à une baisse des températures dans le Pacifique) est censée rafraîchir l’atmosphère. Ce retournement de situation s’ajoute à une crise climatique qui se complique avec la baisse progressive de la capacité de la biosphère à absorber le dioxyde de carbone (CO2). Avec la hausse continue des émissions de CO2, on redoute un réchauffement planétaire qui s’accélère et ses conséquences sur notre planète.

Baisse inquiétante de l’absorption naturelle du CO2

Depuis 2008, la capacité des écosystèmes à capter le CO2 est en nette diminution. À cette époque, la séquestration naturelle progressait de 0,8 % par an. Aujourd’hui, elle dégringole à hauteur de 0,25 % par an. Les raisons ? Une déforestation massive, la dégradation des sols, des incendies de forêt et les effets négatifs du gaz à effet de serre sur nos milieux naturels.

L’observatoire de Mauna Loa à Hawaï indique que la concentration de CO2 grimpe désormais de 2,5 ppm par an, alors qu’on aurait pu la plafonner à 1,9 ppm par an si les niveaux des années 1960 s’étaient maintenus. James Curran fait remarquer que « si cette tendance s’était poursuivie, nous aurions pu freiner la hausse annuelle du CO2 atmosphérique ».

Conséquences d’une absorption réduite et causes sous-jacentes

Les forêts et les sols ont capté entre 1,5 et 2,6 milliards de tonnes de CO2 en 2023, bien loin des 9,5 milliards de tonnes enregistrées en 2022. Parallèlement, les émissions humaines ont explosé pour atteindre 37,4 milliards de tonnes en 2023. Durant la semaine du climat à New-York, Johan Rockström avertit que « jusqu’à présent, la nature compensait nos excès », mais cet équilibre fragile est désormais sérieusement compromis.

Parmi les raisons de cet effondrement, on trouve les incendies dévastateurs au Canada et en Sibérie, ainsi que la sécheresse qui frappe l’Amazonie. Pour remettre les choses en ordre, il faudrait réduire les émissions annuelles de 0,3 %, un sacré défi quand on sait qu’elles augmentent en moyenne de 1,2 % par an.

Liens entre climat et biodiversité

La crise ne se limite pas aux variations du CO2 : elle va de pair avec une perte rapide de biodiversité. Des tempêtes plus fréquentes, des inondations répétées et la prolifération de parasites mettent à mal des écosystèmes déjà fragiles. Tim Lenton explique que « nous observons dans la biosphère des réactions surprenantes qui sortent de l’ordinaire ».

Les puits naturels comme les forêts, prairies et tourbières perdent de leur efficacité face aux changements en cours. Philippe Ciais met même en garde contre un risque d’effondrement récurrent dans les années à venir, ce qui pourrait faire grimper le CO2 atmosphérique de façon très rapide.

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