La préservation de la biodiversité marine est aujourd’hui sur le devant de la scène mondiale face aux dangers liés au changement climatique. Au cœur de cette bataille, le zoo de Sydney en Australie se démarque avec son rôle important dans la sauvegarde des coraux grâce à la biobanque CryoDiversity. Ce projet ambitieux vise à protéger la Grande Barrière de Corail qui subit les effets du réchauffement et d’autres facteurs environnementaux.
Où et comment c’est fait
La Grande Barrière de Corail se situe dans l’océan Pacifique et représente le plus grand réseau de récifs au monde. On y trouve une diversité impressionnante avec :
- 3 000 systèmes différents de récifs
- 600 îles tropicales
- environ 1 600 espèces de poissons
- ainsi que 134 espèces de requins et raies
Pour préserver ce décor unique, le zoo de Sydney a monté le plus grand dépôt mondial de coraux conservés par des techniques de congélation ultra basse température. La biobanque CryoDiversity, pilotée par la Taronga Conservation Society Australia, utilise des cuves remplies d’azote liquide.
Objectif et comment ça marche
Chaque année, d’innombrables milliards de cellules coralliennes sont prélevées sur la Grande Barrière pour aider à sa régénération. Les gamètes des coraux passent par un procédé délicat où l’on ajoute des cryoprotecteurs avant de les stocker à -196 °C. Même si les œufs ne peuvent pas encore être congelés avec les techniques actuelles, ces démarches permettent de mettre leur horloge biologique en pause, comme le précise Justine O’Brien : « Vous pourriez les décongeler dans quelques années ou même des centaines d’années. »
D’où ça vient et ses chiffres
Lancé en 2011, ce programme a déjà permis de conserver des échantillons de 34 espèces sur les 400 qui peuplent la Grande Barrière. Ces échantillons sont utilisés non seulement pour favoriser la reproduction mais aussi pour la recherche scientifique et le suivi des effets environnementaux.
Ce qui menace le récif et ce qu’on fait
En seulement trente ans, la Grande Barrière a perdu près de la moitié de sa surface corallienne. Parmi les risques, on compte le blanchissement des récifs dû au réchauffement, la pollution liée à l’agriculture et les dégâts causés par le développement portuaire. Face à cette situation préoccupante, le WWF a lancé plusieurs initiatives, comme la campagne « Se battre pour le récif ». Par ailleurs, des mesures ont été adoptées pour interdire le dépôt de boues de dragage et freiner l’expansion des ports charbonniers.
Le futur et nos challenges
Même si beaucoup d’efforts ont été déployés, la route est encore longue pour assurer la survie des coraux sur le long terme. Des chercheurs expérimentent d’autres méthodes, comme l’ombrage artificiel et la transplantation de variétés de coraux plus résistantes à la chaleur. Comme le souligne Richard Leck : « Il y a certainement une fenêtre pour sauver les récifs, mais elle est en train de se refermer. ».
Cette découverte souligne également l’urgence de protéger ces habitats marins face aux effets du changement climatique et l’importance écologique des récifs. La sauvegarde des récifs coralliens est primordiale non seulement pour l’équilibre naturel, mais aussi pour soutenir l’économie australienne, qui bénéficie d’une valeur touristique annuelle estimée à 6 milliards d’euros grâce à ce joyau naturel.








