Le Revenu de solidarité active, aide financière indispensable pour de nombreux foyers en France, devait être augmenté de 1,7 % dès le 1ᵉʳ avril. Pourtant, cette hausse fait débat : 72 départements, sur les 104 que compte le pays, refusent de la mettre en place. Cette situation crée une vraie tension entre les collectivités locales et l’État central, révélant des divergences bien marquées sur le financement des aides sociales.
Pourquoi les départements tirent la sonnette d’alarme
Les départements qui s’y opposent, majoritairement dirigés par des élus de droite et du centre, dénoncent le transfert de charges sociales supplémentaires sans recevoir de compensation financière de la part de l’État. Ils refusent d’assumer de nouvelles dépenses sans que leurs budgets ne soient intégralement réajustés. Ce refus traduit une détérioration rapide des finances départementales, déjà fragilisées par la flambée des dépenses sociales.
Par ailleurs, ces collectivités ne veulent pas payer cette augmentation à la Caisse d’allocations familiales (Caf). Henri Alfandari, député Horizons d’Indre-et-Loire, résume bien la situation en soulignant que « tous les départements se retrouvent contraints à des hausses de leurs dépenses de fonctionnement non compensées ».
🗣 « Tous les départements se retrouvent contraints à des hausses de leurs dépenses de fonctionnement non compensées. »
Lors des #QAG, @Henri_Alfandari a interrogé la Ministre chargée des Comptes publics sur les défis budgétaires des départements, mettant en lumière la situation… pic.twitter.com/I1IIKWKtYZ
— Députés Horizons & Indépendants (@DeputesHorizons) March 11, 2025
Qui refuse la mesure
Les départements opposés à cette revalorisation se multiplient. Parmi eux, on retrouve notamment :
- Alpes-de-Haute-Provence
- Hautes-Alpes
- Alpes-Maritimes
- Bouches-du-Rhône
- Var
- Vaucluse
Et aussi :
- Cher
- Eure-et-Loir
- Indre
- Indre-et-Loire
- Loir-et-Cher
- Loiret
Cette liste s’allonge ensuite avec des territoires comme :
- Ain
- Allier
- Ardèche
ainsi que :
- Nord
- Oise
- Somme
Enfin, on y retrouve également :
- La Réunion
- Saint-Pierre-et-Miquelon
- Mayotte
- Saint-Barthélémy
- Province Sud de Nouvelle-Calédonie
Que ça coûte et ce que cela change pour les bénéficiaires
La revalorisation du RSA représente un coût estimé à plus de 158 millions d’euros pour les départements. Ce montant vient s’ajouter aux difficultés financières déjà présentes, notamment à cause de la forte baisse des recettes provenant des transactions immobilières (ce qui a plombé les finances locales). Pour environ 3,6 millions de bénéficiaires répartis dans 1,83 million de foyers, cette augmentation est vraiment importante dans une période économique compliquée.
Réactions du gouvernement et ce qui nous attend
Face à ce refus massif, le gouvernement n’a pas caché sa contrariété mais assure que les personnes concernées toucheront bien le RSA revalorisé. Un conseiller ministériel a expliqué que la Caf versera les montants augmentés et demandera ensuite aux départements qui refusent leur part le remboursement des sommes concernées.
Ce bras de fer entre l’État et les collectivités locales pourrait laisser des traces sur le financement futur des aides sociales en France. Alors que les discussions se poursuivent, il est important pour l’ensemble des acteurs de trouver ensemble une solution qui prenne en compte les difficultés budgétaires tout en répondant aux besoins urgents des citoyens les plus fragiles.








