Comment voyez-vous le rôle de l’action collective locale dans la lutte contre la surconsommation ? Pouvez-vous donner des exemples concrets de ce type d’initiatives ?
• Urban Voices est né à Nantes en 2011 à l’initiative de Karim Ammour. Cet artiste s’est lancé un défi fou : faire chanter une fois par an une chorale de plusieurs centaines d’amateurs en trois répétitions maximum, pour se produire ensemble au Palais de Congrès de la ville. Et ça marche ! Les répétitions se déroulent par petits groupes, dans diverses maisons de quartier. L’objectif est de chanter le mieux possible sans y passer trop de temps. Tous les participants, d’origines très diverses, en retirent un souvenir mémorable.
• De nombreuses initiatives collectives consistent à débarrasser les déchets dans notre environnement proche : plage, rivière, sentier ou autre. On téléphone à la Mairie pour connaitre les points de dépôt de sacs d’ordures récoltés et on s’équipe (gants, bottes, habillement adapté). On démarre d’un lieu de rendez-vous avec son pique-nique. Petits et grands, on ramasse tous ensemble les déchets, toute la matinée. On peut tout à fait s’enrichir intérieurement sans être riche financièrement.
Pour vous, quels sont les principaux défis à surmonter pour passer d’une société de consommation à une société de partage et de solidarité ?
Vous parlez du renforcement des liens sociaux comme un rempart à la surconsommation. Comment pouvons-nous favoriser et cultiver ces liens dans nos sociétés de plus en plus individualistes ?
Se tourner vers des valeurs spirituelles intérieures forme une véritable richesse, celle du cœur, du dialogue. Passer de l’égoïsme à des relations d’échanges tournées vers les autres relève uniquement d’un choix de vie individuel. C’est notre attitude intérieure qui change tout.
J’ai pu personnellement éprouver de la joie dans des services fermés de personnes âgées souffrant de démence. Il est nécessaire de s’y préparer afin de surmonter son appréhension. J’y ai rencontré une aide-soignante qui s’est improvisée coiffeuse chaque dimanche après-midi. Elle décore provisoirement une petite cabine avec des tissus et diffuse de la musique douce. Elle a sa trousse qui comprend son petit matériel, du parfum et du maquillage. Il ne s’agit pas ici de laver les cheveux des résidentes. C’est plutôt un lieu intime, un minuscule havre de paix. Elle coiffe et pomponne gratuitement les mamies qui le souhaitent, durant 20 à 30 minutes environ. Beaucoup ressortent de la cabine en bonne forme.
Selon vous, quelle pourrait être la contribution de la jeunesse dans cette transformation vers une consommation plus responsable ?
J’apporte ma totale confiance à la jeunesse d’aujourd’hui.








