La pollution plastique représente un vrai souci pour l’environnement, mais une menace moins évidente se cache juste sous la surface : les nanoplastiques. Ces minuscules particules, de moins de 1 micromètre (µm), posent un sacré défi aux scientifiques qui peinent à les détecter, tout en présentant des risques pour la vie marine. L’océan Atlantique, notamment, paraît fortement touché par ce fléau invisible qui pourrait bien être la plus grande part de plastique présente dans nos mers.
Pollution par les nanoplastiques : une réalité inquiétante
Des études récentes menées par des chercheurs européens ont montré que l’Atlantique Nord recèle environ 27 millions de tonnes de nanoplastiques dans les dix premiers mètres d’eau. Ce chiffre, bien supérieur aux premières estimations pour l’ensemble des océans, nous surprend. Les mesures révèlent une concentration moyenne de 18,1 mg/m³ à dix mètres de profondeur, qui chute à 5,5 mg/m³ près du fond marin. Près des côtes européennes, la concentration monte jusqu’à 25 mg/m³, ce qui montre bien l’influence des activités humaines sur les zones côtières.
Ces données nous confrontent à une réalité préoccupante : la pollution par le plastique est bien plus présente et sous-estimée qu’on ne le croyait. Jean-François Ghiglione, directeur de recherche au CNRS, explique que « pour des raisons techniques, ces débris invisibles sont très difficiles à étudier dans l’environnement ».
La production mondiale de plastique et ses conséquences
La fabrication de plastique dans le monde a littéralement explosé au fil des années, passant de seulement deux millions de tonnes en 1950 à plus de 450 millions de tonnes aujourd’hui. Chaque année, entre un et deux millions de tonnes finissent dans nos océans. Cette augmentation fulgurante perturbe dangereusement la santé des écosystèmes marins.
Une étude publiée dans la revue Nature le 9 juillet souligne ce phénomène préoccupant. Des chercheurs comme Dušan Materić ont prélevé de l’eau dans douze stations océaniques différentes de l’Atlantique Nord en 2020. À bord d’un bateau de recherche néerlandais, ils ont mis au point une méthode innovante qui consiste à chauffer l’eau pour libérer des gaz afin de mesurer les microplastiques.
Les défis scientifiques et les répercussions écologiques
Malgré les nouvelles techniques, détecter et étudier les nanoplastiques demeure un sacré casse-tête. La recherche se focalise souvent sur les déchets flottants et les microplastiques visibles, laissant de côté une grande part de ces particules ultra-fines. Comme le souligne Dušan Materić : « jusqu’à récemment, la plupart des scientifiques étaient concentrés sur les macro et microplastiques ».
Sur le plan écologique, la situation est tout aussi préoccupante. Ces particules infimes sont capables de franchir les barrières biologiques et de s’accumuler dans les organismes vivants. Par ailleurs, la contamination par les microplastiques sur terre dépasse probablement celle qui se trouve dans les océans, infiltrant ainsi toutes les chaînes alimentaires terrestres.
Des exemples concrets et à quoi s’attendre
Le Papahānaumokuākea Marine National Monument à Hawaï illustre bien la gravité du problème, avec des niveaux de pollution comparables à ceux du tristement connu vortex de déchets du Pacifique nord. Cela montre que même les zones protégées ne sont pas épargnées.








