Microsoft a réaffirmé sa décision d’arrêter le support de Windows 10 en octobre 2025, obligeant les utilisateurs à migrer vers Windows 11. Derrière cette décision se trouvent des considérations technologiques et sécuritaires importantes, mais aussi des conséquences sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Alors que l’innovation technologique est mise en avant, les impacts environnementaux, sociaux et économiques de cette transition interpellent les dirigeants d’entreprises soucieux d’une gestion durable et responsable.
La justification sécuritaire avancée par Microsoft
Microsoft justifie ce tournant par un impératif de cybersécurité. Windows 11 repose sur des normes matérielles strictes, dont l’obligation pour les ordinateurs d’être équipés d’une puce TPM 2.0 (Trusted Platform Module). Cette technologie est conçue pour protéger les données sensibles via des mécanismes avancés de cryptage, garantissant notamment l’intégrité du système au démarrage et la sécurisation des informations confidentielles.
Pour Microsoft, cette exigence est une réponse aux menaces en hausse liées aux cyberattaques, qui ciblent de plus en plus les entreprises et les infrastructures critiques. En intégrant TPM 2.0 comme prérequis, Windows 11 se positionne comme une plateforme moderne et conforme aux standards internationaux de sécurité. La firme met également en avant l’interopérabilité de cette puce avec des technologies comme Credential Guard et BitLocker, qui renforcent la gestion des identités et la protection des données. Cependant, cette logique sécuritaire se traduit par une obsolescence technique pour une partie importante des appareils en circulation, en particulier ceux fabriqués avant 2021.
Impacts sur la RSE : un équilibre difficile à trouver
La décision de Microsoft implique que des millions d’ordinateurs devront être remplacés pour satisfaire aux nouvelles exigences. Microsoft propose certes un support payant pour Windows 10 que ce soit pour les particuliers ou les entreprises, mais cette obsolescence forcée représente tout de même un défi économique et environnemental pour les entreprises. Les équipements technologiques actuels, souvent encore parfaitement fonctionnels, risquent de se retrouver rapidement hors service.
Pour les entreprises engagées dans une démarche RSE, cela peut aller à l’encontre des principes d’économie circulaire et de réduction des déchets électroniques. La production de nouveaux ordinateurs entraîne une consommation significative de ressources naturelles, tandis que leur élimination génère des polluants complexes à traiter. Ces problématiques environnementales sont amplifiées par le volume élevé de matériel concerné, particulièrement dans les grandes organisations.
Sur le plan social, les exigences techniques de Windows 11 pourraient exacerber les inégalités numériques. Les petites entreprises, disposant de ressources limitées, seront particulièrement vulnérables face aux coûts de renouvellement des équipements. De même, les organisations dans les régions moins développées, où l’accès aux technologies modernes reste limité, pourraient subir un retard supplémentaire dans leur transition numérique.
Bien que contraignante, la situation peut aussi inciter les entreprises à repenser leur stratégie technologique de manière responsable. La migration vers Windows 11 offre l’occasion de moderniser les infrastructures IT, mais elle doit s’accompagner de décisions conscientes et alignées sur les objectifs RSE.








