Voitures électriques : et si les bornes polluaient plus que les stations-service ?

Saviez-vous que 46 % des bornes de recharge rapide dépassent les recommandations de l’OMS en matière de pollution ?

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Voitures électriques : et si les bornes polluaient plus que les stations-service ?
Voitures électriques : et si les bornes polluaient plus que les stations-service ? © RSE Magazine

Les bornes de recharge ultra-rapide pour voitures électriques, souvent considérées comme des symboles d’un futur plus propre, se retrouvent aujourd’hui sur le devant de la scène. Bien qu’on les imagine propres, silencieuses et presque sans odeur, une étude récente remet en cause leur côté écologique en montrant la pollution qu’elles peuvent générer. Cette recherche fait naître des interrogations sur les effets réels des infrastructures utilisées pour alimenter les véhicules électriques.

Une étude qui sort de l’ordinaire

L’étude menée par la Fielding School of Public Health de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a analysé 50 stations de recharge rapide dans le comté de Los Angeles. Parmi ces stations, 60 % étaient des Superchargeurs Tesla, chiffre qui souligne l’importance du réseau Tesla dans la région. Les résultats ont révélé que 46 % des sites dépassaient les recommandations de l’OMS concernant les particules fines PM2.5. En moyenne, les niveaux de PM2.5 s’avéraient 1,5 fois supérieurs à ceux observés dans un milieu urbain habituel.

Les concentrations relevées atteignaient 15 µg/m³ en moyenne près des bornes, contre 12 µg/m³ pour les stations-service classiques et entre 7 et 8 µg/m³ pour l’air ambiant en ville. Dans certains cas extrêmes, les niveaux dépassaient même 300 µg/m³, avec des pics supérieurs à 200 µg/m³, ce qui est franchement inquiétant pour la santé publique.

D’où vient la pollution et quels sont les risques

La principale origine de ces particules fines ne vient pas directement des voitures ou de leurs batteries, mais bien des composants fixes des stations. Les armoires de puissance utilisées dans ces installations émettent des particules via leurs ventilateurs de refroidissement qui remettent en suspension les poussières présentes dans l’air. À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme le freinage, l’usure des pneus ou même la route, qui participent à cette pollution.

Actuellement, aucune norme n’encadre les émissions de particules fines des bornes de recharge rapide. Cela soulève des interrogations sur le choix des emplacements, surtout lorsqu’ils se trouvent juste à côté d’écoles ou dans d’autres lieux sensibles, où la santé des personnes pourrait être compromise par ces polluants invisibles.

Regard international et solutions envisageables

Les États-Unis ont lancé un projet ambitieux pour installer 500 000 stations de recharge rapide d’ici 2030, tandis que la France prévoit d’en ajouter 50 000 durant la même période. L’Europe suit également la tendance en se dirigeant vers une électrification du transport routier.

Pour réduire cette pollution inattendue, plusieurs pistes sont envisagées :

  • installer des filtres adaptés sur les systèmes de ventilation des armoires électriques pour limiter la dispersion des particules fines,
  • aménager les zones autour des bornes afin de diminuer l’exposition directe des usagers,
  • et informer les conducteurs sur l’intérêt de rester dans leur véhicule avec la clim activée ou de s’éloigner pendant le temps de recharge.

Ces mesures pourraient s’inspirer d’une innovation écologique dans le domaine de la mobilité durable.

Penser la transition énergétique autrement

Il faut examiner l’électrification des transports sous tous ses aspects : les installations mises en place, les matériaux utilisés et les répercussions sanitaires possibles. Comme le rappelle Y.Zhang, chercheur en santé environnementale : « La transition vers l’électrique ne doit pas négliger les polluants invisibles. » Même si, de manière générale, cette solution présente moins de risques que les carburants fossiles en termes d’émissions directes de CO₂ et de polluants habituels, ce mode de mobilité rencontre encore quelques défis à relever avant de pouvoir être considéré comme « zéro émission ».

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