Les limules, ces créatures marines anciennes souvent appelées « crabes fer à cheval » ou arthropodes mérostomes, font face aujourd’hui à une menace sérieuse pour leur survie. Présentes dans les eaux côtières depuis environ 450 millions d’années, ces « fossiles vivants » ont survécu à de nombreuses extinctions, y compris celle des dinosaures. Mais la pression humaine, poussée par l’exploitation biomédicale et la destruction de leur habitat, provoque un déclin dramatique de leurs populations.
Surpêche et destruction de leur habitat : un vrai problème
Les limules fréquentent principalement les eaux côtières peu profondes, notamment le long de la côte Est des États-Unis et du golfe du Mexique pour la limule américaine. Depuis l’an 2000, leurs populations ont chuté de plus de 70 %, une tendance alarmante due à la surpêche et à la dégradation de leurs habitats naturels.
Pour le scientifique Will Harlan du Center for Biological Diversity, l’exploitation biomédicale est l’une des menaces les plus graves : « La pêche des limules pour leur sang est désormais la principale menace qui pèse sur elles. » rapporte Le Monde.
Les prélèvements de sang des limules, utilisés pour tester la sécurité des produits biomédicaux, ont doublé au cours des sept dernières années. Cela s’explique en partie par le déplacement de la demande mondiale vers les États-Unis, alors que d’autres espèces de limules sont plus menacées à l’étranger. L’exploitation continue de cette ressource, conjuguée à une demande biomédicale en hausse, laisse peu de temps aux populations naturelles pour se reconstituer.
Sang de limule vs alternatives synthétiques
Le sang bleu des limules est utilisé depuis les années 1970 pour ses propriétés de détection des endotoxines bactériennes dans les tests de sécurité des produits médicaux. Pourtant, des alternatives synthétiques existent déjà, elles sont approuvées et largement employées en Europe et en Asie.
Ces méthodes alternatives réduisent la pression sur les populations naturelles. Mais leur adoption reste plus lente aux États-Unis, ce qui contribue à accélérer le déclin de l’espèce.
Une bataille judiciaire pour les protéger
Le Center for Biological Diversity, soutenu par 25 autres organisations, a déposé une action judiciaire contre l’administration Trump le 5 janvier, suivie d’une pétition en février 2024 adressée à l’ancien gouvernement de Joe Biden. Ils demandent que la limule américaine soit protégée en vertu de la loi fédérale américaine de protection des espèces en danger, ce qui déclenche un délai légal de 90 jours pour une décision initiale.
Malgré ces délais, Will Harlan a exprimé sa frustration : « Malheureusement, sous les deux administrations, nous avons attendu une décision qui, légalement, aurait dû intervenir beaucoup plus tôt. Mais les limules ne peuvent plus attendre. »








