Il y a peu, la Nippon Foundation et l’Université de Tokyo ont annoncé une trouvaille qui fait jaser : un immense gisement de trésors les plus convoités a été repéré dans les fonds marins non loin de l’île de Minamitori, à l’extrémité est du Japon. Cette nouvelle pourrait bien changer la donne pour le pays en réduisant sa dépendance aux importations et en consolidant sa stabilité économique.
Une découverte qui en jette
Le gisement s’étale sur une superficie de 10 000 km² et recèle environ 230 millions de tonnes de matériaux précieux. On y retrouve notamment 610 000 tonnes de cobalt et 740 000 tonnes de nickel, des composants indispensables à l’industrie technologique moderne. Le cobalt, en particulier, est une véritable pièce maîtresse pour la fabrication des batteries utilisées dans les smartphones, voitures électriques, ordinateurs portables et même cigarettes électroniques.
Le professeur Katô Yasuhiro, qui pilote l’équipe de recherche à l’Université de Tokyo, a expliqué que le projet ambitionne d’extraire 10 000 tonnes par jour – soit 3 millions de tonnes par an – tout en prenant soin de l’écosystème marin, intégrant ainsi des pratiques de recyclage durable. Il n’y a vraiment rien de négligeable dans cette démarche.
Des chiffres qui parlent
D’après les estimations, le gisement contient assez de cobalt pour alimenter la consommation japonaise pendant 75 ans et suffisamment de nickel pour couvrir les besoins du pays pendant 11 ans. Par ailleurs, on a détecté des nodules de manganèse dont la taille varie de quelques centimètres à plusieurs dizaines.
Avec de telles réserves, le Japon pourrait se positionner comme un acteur de premier plan dans le domaine des ressources naturelles. Sasakawa Yôhei, président de la Nippon Foundation, a d’ailleurs affirmé : « Le Japon peut désormais se targuer d’être un pays doté de ressources. Cette découverte va avoir une grande importance pour la stabilité économique du pays. »
Extraction respectueuse
L’expérimentation de l’extraction doit débuter en 2024 et se poursuivre pendant trois ans, avant de lancer véritablement l’exploitation commerciale en 2025. L’objectif ? Extraire plusieurs milliers de tonnes par jour, avec une cible de 10 000 tonnes quotidiennes – ce qui représenterait une production annuelle d’environ 3 millions de tonnes.
Pour que tout se passe au mieux et pour ménager l’environnement, la Nippon Foundation va mettre en place une plateforme regroupant les principaux acteurs afin de veiller à ce que l’extraction respecte les normes écologiques en vigueur, contribuant ainsi à réduire la pollution marine.
Les retombées économiques et stratégiques
Cette trouvaille pourrait considérablement réduire la dépendance du Japon vis-à-vis des importations de métaux rares. En plus, elle offre au pays un avantage stratégique considérable, grâce à sa zone économique exclusive (ZEE) autour de Minamitori qui couvre environ 430 000 km² – soit une superficie supérieure à celle de l’ensemble du territoire japonais.








