À Copenhague, les touristes peuvent désormais régler leurs activités culturelles non pas avec leur carte bancaire, mais à coups de bonnes actions. Avec CopenPay, la capitale danoise transforme les comportements durables en véritable devise, redéfinissant les contours du tourisme urbain à l’heure de l’urgence climatique.
Quand l’éthique devient un passeport culturel à Copenhague
Pour le deuxième été consécutif, la ville de Copenhague teste jun programme pilote qui aurait pu passer pour une utopie nordique de plus : CopenPay. L’idée ? Récompenser les touristes responsables avec des expériences gratuites — balades en kayak, visites de musées, glaces, cafés ou repas végétariens — en échange d’actions concrètes pour l’environnement. Utiliser un vélo, ramasser des déchets, participer à un jardinage urbain ou tout simplement prendre le train pour venir suffit. La preuve de l’action ? Un ticket, une photo, parfois rien : le système repose sur la confiance, pilier revendiqué de la société danoise.
Derrière cette légèreté apparente se cache un dispositif redoutablement stratégique. Inspiré d’une étude du cabinet Kantar révélant l’écart abyssal entre les intentions écologiques (82%) et les actes concrets (22%) chez les visiteurs, CopenPay a été conçu pour créer une passerelle entre ces deux mondes. Vingt-quatre attractions y ont participé dès la première édition, parmi lesquelles Green Kayak, Copenhill ou encore le Musée national. Résultat tangible : une augmentation de 29% de l’usage des transports doux et 1.200 kilos de déchets collectés en quatre semaines. Mais l’impact dépasse les chiffres : 98% des usagers ont recommandé le programme.
CopenPay, ou l’utopie pragmatique d’une ville en avance sur son temps
L’été 2025 marque une montée en puissance spectaculaire de CopenPay. Le programme est reconduit et élargi : neuf semaines d’activité, plus de 90 sites partenaires, une plateforme numérique plus aboutie et une stratégie de gamification plus poussée. Trois niveaux d’engagement sont proposés : actions de base (mobilité douce, hébergement éco-certifié), bonus verts (conférences, commerces engagés), et défis collectifs (kilomètres à vélo, chantiers citoyens). L’objectif est clair : intégrer les gestes durables au plaisir du séjour, sans recourir à la contrainte ni à la morale.
Copenhague n’entend pas séduire davantage de touristes. Elle veut des visiteurs différents, plus conscients, plus intégrés à la logique urbaine. Et ça fonctionne. Alors que la ville avait enregistré 12 millions de nuitées internationales en 2023, elle préfère désormais moduler son attractivité non sur la quantité, mais sur la qualité des interactions. Le succès du dispositif a suscité l’intérêt de plus de 100 destinations dans le monde. À terme, l’équipe de Wonderful Copenhagen espère étendre CopenPay à d’autres régions du Danemark — et pourquoi pas au-delà. La ville du vélo montre une fois de plus qu’elle ne pédale pas dans le vide.








