Il y a cinq ans, le média d’investigation Disclose a mis au jour les pratiques polluantes du géant agroalimentaire Lactalis, spécialisé dans les produits laitiers. Aujourd’hui, de nouvelles informations montrent que plusieurs sites de production en France continuent de dépasser les limites légales de pratiques polluantes. Cette situation soulève de vives inquiétudes sur l’environnement et questionne la responsabilité des grandes entreprises dans la préservation de la nature.
Usines surveillées et dépassements qui perdurent
D’après Disclose, sur les 38 usines identifiées initialement, 13 ne respectent toujours pas les normes imposées par la législation française. Ces chiffres proviennent de l’examen minutieux de 70 rapports d’inspection établis par la Direction régionale de l’environnement (Dreal) entre 2020 et 2025. Certaines installations continuent de faire parler d’elles pour leurs rejets toxiques dans la nature.
Exemple marquant : Lons-le-Saunier
La fromagerie Président, située à Lons-le-Saunier dans le Jura, est particulièrement pointée du doigt. Spécialisée dans le fromage fondu, cette usine rejette des produits comme la soude, le phosphore, le zinc et le cuivre dans les cours d’eau alentour. Ces polluants ont entraîné des dommages écologiques sérieux, causant la mort de poissons et une pollution de l’eau significative. Le ministère de la Transition écologique a ainsi placé cette installation en « vigilance renforcée » tout en accordant un délai supplémentaire pour qu’elle se mette en conformité.
Sanctions légères face à des enjeux énormes
Depuis 2020, quatre filiales de Lactalis ont essuyé un total de 138 500 € d’amendes administratives pour ces pratiques polluantes. Ce montant paraît dérisoire quand on le compare au chiffre d’affaires titanesque du groupe, évalué à 30 milliards d’euros. Pour Anne Roques, juriste chez France Nature Environnement (FNE), ces sanctions ne sont « pas du tout dissuasives ». Elle dénonce un « système d’impunité » qui profiterait à Lactalis, du fait d’une supposée complaisance des autorités étatiques.
Critiques et recours en justice
France Nature Environnement a redoublé d’efforts pour surveiller les rejets polluants de Lactalis. L’association a lancé une campagne pour contrôler les déversements industriels dans les rivières françaises et n’hésite pas à engager des actions légales contre le groupe laitier. Une enquête pénale a même été ouverte, suite aux pressions exercées par la FNE, qui regrette néanmoins qu’il n’y ait pas plus de recours judiciaires dans ce dossier.
Investissements annoncés, mais des résultats à attendre
Pour répondre aux critiques, Lactalis affirme avoir investi 90 millions d’euros pour moderniser ses systèmes de traitement des eaux usées, confirme le média Ici . Cependant, malgré ces investissements importants, l’entreprise admet rencontrer des difficultés techniques qui repoussent la fin des travaux à janvier prochain.








