Scandale à l’ONU : Greenpeace écartée du sommet sur les océans, la tension monte

L’interdiction du navire Arctic Sunrise à Nice crée une onde de choc.

Publié le
Lecture : 2 min
Scandale à l’ONU : Greenpeace écartée du sommet sur les océans, la tension monte
Scandale à l’ONU : Greenpeace écartée du sommet sur les océans, la tension monte © RSE Magazine

Le sommet de l’ONU sur les océans se déroule à Nice, dans les Alpes-Maritimes, en marge d’une conférence des Nations unies, et c’est devenu le théâtre d’un rebondissement inattendu. Plusieurs bateaux scientifiques d’organisations non gouvernementales étaient attendus, dont le fameux Arctic Sunrise de Greenpeace. Pourtant, une décision très controversée prise par la mairie et la préfecture a empêché ce navire d’accoster au port de Nice.

Arctic sunrise : l’interdiction qui fait polémique

Le Arctic Sunrise, fleuron de la flotte internationale de Greenpeace, devait passer trois jours amarré dès mercredi. Jusqu’à jeudi, le public était censé pouvoir le visiter avant que les délégations de la troisième conférence de l’ONU sur l’Océan (Unoc 3) n’emménagent à partir du dimanche 9 mai. Mais l’escale a été annulée sur ordre d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique.

Cette décision fait suite à une action menée par Greenpeace le 21 mai dernier : l’organisation a largué une quinzaine de rochers dans une zone protégée de la Méditerranée pour contrer le chalutage de fond. Agnès Pannier-Runacher a trouvé cette opération « profondément choquante » en expliquant que plus de dix tonnes de gravats avaient été déversées dans une zone habituellement à l’abri des chaluts. Par ailleurs, la préfecture maritime a estimé que le navire ne répondait pas aux exigences de sécurité requises.

Réactions et critiques

La réaction de Greenpeace ne s’est pas faite attendre. Mads Christensen, le patron de Greenpeace, a dénoncé l’interdiction en la qualifiant de « décision politique (…) absolument inacceptable ». Quant à Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, il a exprimé toute son indignation, parlant d’une « grave erreur » et dénonçant ce qu’il voit comme une répression envers les militants environnementaux. Il lance d’ailleurs un défi en demandant : « Depuis plus de 50 ans, nous défendons les océans… et on ne nous permettrait pas de manifester pour les océans ? »

Philippe Spadotto, qui représente Greenpeace à Nice pour les questions océaniques, estime que cette décision est « disproportionnée » et dénonce l’attitude française qu’il juge incohérente quand il s’agit de protéger les aires naturelles.

Les autres navires et événements voisins

Même sans la présence forcée du Arctic Sunrise, le sommet reste animé grâce à la participation de plusieurs autres navires. On y retrouve notamment :

  • le Thalassa et le Tethys II d’Ifremer
  • le Meteor allemand
  • l’Odon de Buen espagnol
  • le Gaia Blu italien
  • l’Ocean Explorer financé par Ray Dalio
  • la goélette Tara
  • Perséverance, dirigée par Jean-Louis Étienne
  • le Blue Panda du WWF

Ces bateaux se relaient dans le port pour accueillir tant le public que les délégations internationales.

Parallèlement aux conférences officielles, Greenpeace continue ses actions militantes. Récemment, l’organisation a déplacé la statue en cire d’Emmanuel Macron du musée Grévin jusqu’à l’ambassade russe (un coup de protestation symbolique) et dénonce des méthodes d’intimidation, suite à la garde à vue de certains militants qui avaient simplement écrit, à la craie, des messages évoquant l’Unoc.

Les projets à venir

Malgré ces contretemps, Greenpeace prévoit de faire amarrer l’Arctic Sunrise au port de Nice les 4 et 5 juin prochains. Ce passage sera l’occasion de sensibiliser davantage le public à la protection des océans.

Laisser un commentaire