Et si donner un livre devenait un geste d’avenir ? À travers une mobilisation nationale portée par Bibliothèques Sans Frontières et ses partenaires, la seconde vie des ouvrages s’inscrit dans une logique solidaire et durable. Un levier de transformation sociale autant qu’un modèle de circularité culturelle.
Du 19 avril au 11 mai 2025, Bibliothèques Sans Frontières (BSF) lance une nouvelle édition de La très grande Collecte de livres. L’objectif : encourager les citoyens à faire don de leurs livres inutilisés dans l’un des plus de 400 points de collecte partenaires répartis sur le territoire français. En s’appuyant sur un réseau élargi de distributeurs et d’acteurs culturels, cette opération s’intègre dans une dynamique de responsabilité sociétale et environnementale, au croisement de l’inclusion, de l’économie circulaire et de l’accès équitable à la culture.
Une collecte nationale pensée pour durer
Depuis sa création en 2013, la grande collecte annuelle portée par BSF et la Fnac s’est affirmée comme un rendez-vous structurant du paysage solidaire français. Son principe repose sur une mécanique simple et inclusive : proposer aux particuliers de déposer les ouvrages dont ils n’ont plus l’usage, pour leur offrir une seconde vie au bénéfice de publics fragilisés.
En 2025, l’opération franchit une nouvelle étape avec l’engagement de six nouveaux partenaires : Darty, Cultura, Nature & Découvertes, HOMEBOX, SNCF – Gares & Connexions et Le Bon Marché Rive Gauche. Ces enseignes mettent à disposition leurs espaces pour accueillir les dons, renforçant ainsi l’ancrage territorial de l’action. Plus de 400 lieux de dépôt sont ainsi activés pendant trois semaines.
Tous les ouvrages ne sont pas acceptés : les manuels scolaires, encyclopédies ou dictionnaires sont écartés. À l’inverse, les romans, bandes dessinées, livres jeunesse, documentaires et beaux livres, dans toutes les langues, sont valorisés pour leurs usages pédagogiques et sociaux.
Une chaîne logistique circulaire au service de l’utilité sociale
Une fois collectés, les livres sont acheminés vers un entrepôt logistique situé en région parisienne, où ils sont triés, catalogués, puis redirigés selon les besoins identifiés. Ce traitement rigoureux permet une répartition cohérente des ouvrages, en cohérence avec les usages attendus :
- constitution de microbibliothèques de quartier, implantées dans des territoires carencés en structures culturelles ;
- création de bibliothèques d’urgence, notamment en contexte de crise ou de déplacement forcé ;
- dotation de sacs de livres à destination d’enfants réfugiés, dans une logique d’intégration linguistique ;
- soutien aux élèves en zone d’éducation prioritaire, via la mise en place de bibliothèques personnelles.
Ce modèle de réutilisation valorise le livre comme ressource matérielle à forte valeur sociale ajoutée. Il s’inscrit également dans une perspective environnementale : détourner un ouvrage de la destruction ou de l’oubli, c’est aussi réduire l’impact écologique lié à la production et au transport d’ouvrages neufs. Dans un contexte où l’économie circulaire devient un pilier de la stratégie RSE des entreprises, cette opération illustre parfaitement la convergence entre impact sociétal et sobriété matérielle.
Lutter contre les inégalités d’accès à la culture
Le cœur de la démarche repose sur une conviction partagée : la lecture est un facteur clé de développement individuel et d’égalité des chances. Les données le confirment. D’après une étude de l’OCDE et de l’Unicef publiée en 2021, un enfant qui ne dispose pas de livres chez lui a 30 % de chances en moins d’acquérir les compétences de base.
Un autre indicateur, issu de Golden Steps ABA, souligne que deux tiers des familles à faibles revenus ne possèdent aucun ouvrage à domicile. Ces chiffres illustrent une fracture culturelle persistante, qui trouve dans l’action de BSF une réponse concrète et structurée.
En facilitant l’accès au livre, cette initiative contribue à réduire les inégalités d’accès à l’éducation, à l’information et à l’imaginaire, autant d’éléments fondamentaux pour l’autonomie et la participation active à la vie sociale.
Un écosystème d’acteurs mobilisés pour un impact durable
La réussite de cette collecte repose sur un maillage étroit entre acteurs publics, entreprises et société civile. Fnac Darty, co-initiateur historique de l’opération, souligne l’importance de cet engagement dans sa stratégie RSE. Xavier Vercelletto, Directeur RSE du groupe, rappelle :
« Cette collecte nous permet de contribuer à donner une seconde vie aux livres tout en poursuivant notre mission historique qui est de faciliter l’accès à la culture au plus grand nombre. »
L’opération s’appuie également sur un réseau de microbibliothèques locales, notamment celles issues du partenariat entre BSF et la Fondation Cultura. Ces structures deviennent temporairement lieux de collecte ou bénéficiaires directs, dans une logique de circulation courte de la ressource. Ce schéma réduit les intermédiaires, limite les transports inutiles et renforce la cohérence entre don et usage.
Valorisation culturelle et sensibilisation citoyenne
En parallèle de la logistique, la collecte est aussi l’occasion d’un travail de sensibilisation du grand public. Plusieurs temps forts rythmeront l’opération, comme la tenue d’un événement culturel à la Fnac du Forum des Halles à Paris, le 23 avril, à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
Cette année, deux personnalités incarnent cette démarche : l’auteur de bande dessinée Riad Sattouf, en tant qu’ambassadeur de l’opération, et le journaliste Augustin Trapenard, parrain fidèle de BSF. Leur présence permet de porter une parole forte sur l’importance du livre comme vecteur de transmission, d’imagination et de construction sociale.








