Un arrêté ministériel du 15 août 2025 a officialisé une revalorisation substantielle de la contribution financière que les marques de textile doivent verser pour soutenir la filière de collecte et de tri des vêtements usagés.
Collecte de vêtements usagés : de nouveaux montants à payer pour les entreprises
Voici les nouveaux montants prévus selon l’arrêté ministériel publié en août 2025 :
- 2025 : 223 €/tonne (contre 156 € auparavant), soit 49 M€ injectés dans le secteur
- 2026 : 228 €/tonne, représentant 57 M€ de soutien prévisionnel
Ce financement est géré par Refashion, l’éco-organisme en charge de la REP textile. Les premiers versements aux opérateurs débutent dès août 2025, avec un calendrier échelonné jusqu’en janvier 2026 ; pour 2026, les échéances sont fixées en avril, juillet, octobre et janvier 2027, souligne La Tribune.
Recyclage de textiles usagés : une filière au bord de la rupture
Cette décision survient dans un contexte de crise profonde du recyclage textile :
- En 2023, sur 810 000 tonnes de textiles mises sur le marché en France, seuls 36 % ont été collectés, 14 % réemployés et 7 % recyclés (Sénat, 2025).
- Les centres de tri saturent, notamment du fait de la baisse de qualité des textiles collectés et de la réduction des débouchés internationaux, en particulier en Afrique.
- L’acteur majeur Le Relais a suspendu une partie de ses collectes et organisé des actions de protestation en juin-juillet 2025, dénonçant un risque d’« asphyxie » de la filière si aucun soutien financier n’était apporté.
Selon Déchets Infos, l’augmentation représente +15 M€ par rapport à 2024, soit environ +0,5 centime par pièce textile, en plus des 4 centimes déjà perçus en moyenne. Un surcoût jugé limité pour les marques, mais vital pour les structures de collecte.
Enjeux pour les entreprises et décideurs sur le plan RSE
Pour les entreprises du secteur textile et de la distribution, cette revalorisation traduit une évolution du cadre réglementaire et de ses implications en matière de RSE :
- Écoconception et allongement de la durée de vie : l’augmentation des contributions incite à réduire en amont la mise en marché de produits peu durables.
- Gestion des flux et logistique inversée : les marques doivent anticiper le coût croissant de la prise en charge de leurs produits en fin de vie.
- Relations avec l’ESS : les partenariats avec les structures de collecte et de réemploi deviennent stratégiques pour assurer la pérennité du système.
- Anticipation de la réforme 2026 : le gouvernement a annoncé une refonte plus globale du dispositif REP textile à partir du 1er janvier 2026, qui pourrait impliquer de nouvelles obligations pour les producteurs , rappelle TF1.
La revalorisation des contributions constitue une mesure d’urgence qui permet d’éviter une rupture immédiate dans la collecte et le tri des textiles usagés. Pour les entreprises, elle est aussi un signal stratégique : l’économie circulaire du textile s’impose désormais comme un enjeu incontournable, avec des implications financières, logistiques et réputationnelles. La réforme de 2026 sera déterminante pour stabiliser la filière. D’ici là, les acteurs économiques ont intérêt à intégrer ces évolutions dans leur démarche RSE, en plaçant l’écoconception, la circularité et le partenariat avec la filière solidaire au cœur de leur stratégie.








