Restauration : le label anti-gaspillage alimentaire, nouvel indicateur RSE

Avec l’arrivée du label national « anti-gaspillage alimentaire », la restauration franchit une étape clé de sa transition durable. En plaçant la mesure et la transparence au cœur de la performance environnementale, ce dispositif d’État transforme la lutte contre le gaspillage en véritable pilier de stratégie RSE pour les entreprises du secteur.

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Restauration : le label anti-gaspillage alimentaire, nouvel indicateur RSE © RSE Magazine

Depuis le 10 octobre 2025, les professionnels de la restauration disposent d’un outil inédit pour valoriser leurs engagements : le label national “anti-gaspillage alimentaire”. Porté par le ministère de la Transition écologique avec l’appui de l’ADEME et de l’AFNOR Normalisation, ce dispositif s’inscrit dans la continuité de la loi AGEC (2020). Il vient répondre à un double impératif : réduire les pertes, estimées à 8 kg par personne et par an dans la restauration (SDES, 2023), et structurer une démarche de responsabilité environnementale mesurable et certifiée.

Un label d’État au service de la responsabilité environnementale

Le label anti-gaspillage alimentaire repose sur un principe central : faire de la réduction du gaspillage une démarche structurée, quantifiée et reconnue. Selon la fiche-presse du ministère de la Transition écologique, il « accompagne et valorise les établissements engagés dans la réduction concrète de leur gaspillage » tout en garantissant « aux consommateurs une information claire et fiable ».

La restauration produit en moyenne 8 kg de déchets alimentaires par an et par convive, un chiffre qui, rapporté aux volumes du secteur, représente un enjeu écologique majeur mais aussi un gisement d’efficacité. Sur les 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires recensés chaque année en France, 3,8 millions sont encore consommables, soit 55 kg par habitant.

Le label introduit un cadre commun à tous les établissements : diagnostic chiffré du gaspillage, hiérarchisation des actions (prévention, don, valorisation) et suivi annuel par des organismes certificateurs agréés.
Trois niveaux de reconnaissance sont prévus :

  • 1 étoile pour l’engagement dans la démarche ;
  • 2 étoiles pour la maîtrise opérationnelle des pertes ;
  • 3 étoiles pour un niveau exemplaire et mesuré.

Deux référentiels pour un secteur hétérogène

Le dispositif 2025 marque une étape majeure : l’élargissement du label à l’ensemble du champ de la restauration, qu’elle soit collective ou commerciale.
Deux référentiels spécifiques ont été publiés :

  • le référentiel “Restaurants”, pour les établissements assurant un service à table, en libre-service ou à emporter ;
  • le référentiel “Unités de préparation”, destiné aux structures de production et de livraison de repas.

Conçus avec l’AFNOR et l’ADEME, ces référentiels s’inspirent de celui créé pour la distribution en 2023, tout en l’adaptant aux réalités du terrain : diversité des menus, saisonnalité, gestion des stocks, logistique, taux de retour.

Cette approche systémique permet aux entreprises de la restauration d’intégrer la réduction du gaspillage dans leurs indicateurs RSE — au même titre que la consommation d’énergie, les émissions de CO₂ ou la gestion de l’eau. Elle répond également à l’exigence européenne de la directive (UE) 2025/1892, qui impose un suivi harmonisé du gaspillage dans les États membres.

Clients, salariés, partenaires : une nouvelle chaîne de valeur durable

Pour les acteurs de la restauration, le label devient aussi un outil de dialogue RSE. Côté consommateurs, il renforce la confiance : la mention « labellisé anti-gaspillage alimentaire » est une preuve tangible d’engagement. Selon La Gazette des Communes, cette reconnaissance « va améliorer et valoriser les pratiques » tout en rendant « plus lisible l’engagement des acteurs de la restauration collective ».

Côté salariés, la démarche suscite une mobilisation interne. Les équipes de cuisine et de salle sont désormais associées à la mesure du gaspillage, à la gestion des surplus et à la communication des résultats. Enfin, le label structure la relation entre restaurateurs, fournisseurs et collectivités. Dans la restauration collective, les marchés publics pourraient bientôt intégrer des critères liés à la labellisation, incitant les opérateurs à s’aligner sur les exigences du dispositif.

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