Respirer pourrait vous rendre fou ? La découverte qui inquiète les chercheurs

Saviez-vous que chaque augmentation de 10 μg/m³ de particules fines peut accroître de 17 % le risque de démence ?

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Respirer pourrait vous rendre fou ? La découverte qui inquiète les chercheurs
Respirer pourrait vous rendre fou ? La découverte qui inquiète les chercheurs © RSE Magazine

La pollution de l’air fait longtemps parler d’elle à cause de ses méfaits sur les poumons et le cœur. Aujourd’hui, une nouvelle étude met en lumière sa possible influence sur nos capacités mentales. Publiée le 24 juillet 2025 dans The Lancet Planetary Health, cette recherche réalisée par l’Unité d’Épidémiologie du Conseil de la Recherche Médicale (MRC) à l’Université de Cambridge met en avant un lien marquant entre l’exposition sur le long terme aux polluants et le risque de développer une démence. Ce phénomène qui inquiète touche surtout les grandes villes où la qualité de l’air est souvent moins pur.

Une étude mondiale impressionnante

Cette étude compte parmi les plus larges jamais menées sur le sujet. Les chercheurs s’appuient sur les données de presque 30 millions de personnes provenant majoritairement de pays aisés. Au total, 51 études ont été consultées, dont 34 ont alimenté une méta-analyse. Ces études viennent de divers coins du globe : 15 d’Amérique du Nord, 10 d’Europe, 7 d’Asie et 2 d’Australie. Le Dr Haneen Khreis commente que « les preuves épidémiologiques jouent un rôle déterminant pour savoir si la pollution de l’air augmente le risque de démence et dans quelle mesure ».

Les résultats montrent aussi que des polluants comme les particules fines (PM2.5), le dioxyde d’azote (NO2) et la suie participent à la détérioration des fonctions cérébrales, contribuant ainsi au déclin cognitif. Ces particules font partie de notre quotidien, qu’on les trouve dans les émissions des voitures, des centrales électriques, des industries ou encore de la combustion de combustibles fossiles.

Les polluants qui posent problème

L’étude détaille comment une hausse particulière des niveaux de ces polluants fait grimper le risque de démence. Pour chaque augmentation de 10 microgrammes par mètre cube (μg/m³) de PM2.5, le risque monte de 17 %. Pour donner un ordre d’idée, la concentration moyenne mesurée en bordure de route à Londres était de 10 μg/m³ en 2023.

Le NO2, qui provient surtout des gaz d’échappement et des émissions industrielles, voit le risque grimper de 3 % pour chaque hausse équivalente. En 2023, Londres affichait une concentration annuelle moyenne de 33 μg/m³.

En ce qui concerne la suie, une augmentation d’un microgramme par mètre cube se traduit par une hausse du risque de 13 %. Les moyennes annuelles relevées étaient de 0,93 μg/m³ à Londres, 1,51 μg/m³ à Birmingham et 0,65 μg/m³ à Glasgow.

Conséquences mondiales et pistes de solution

Aujourd’hui, plus de 57 millions de personnes vivent avec la démence dans le monde et ce chiffre pourrait atteindre environ 152,8 millions d’ici 2050. Même si certaines régions, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, voient leurs taux diminuer, il y a clairement matière à agir pour freiner cette progression inquiétante.

Les scientifiques avancent que la pollution déclencherait une inflammation cérébrale et un stress oxydatif, des réactions qui abîment les cellules, en pénétrant directement dans le cerveau ou en agissant comme dans certaines maladies pulmonaires ou cardiovasculaires, souvent exacerbées par les gaz à effet de serre.

Face à ce défi, Clare Rogowski affirme que « les efforts pour réduire l’exposition à ces polluants clés sont susceptibles d’aider à réduire le fardeau de la démence sur la société ». Des actions politiques à différents niveaux, qu’elles soient régionales ou internationales, sont nécessaires pour limiter ces expositions nocives. Il s’agit ici de réunir urbanisme, régulation industrielle et justice environnementale.

Un appel pressé à agir

Financée par le Conseil Européen de la Recherche via les programmes Horizon 2020 et Horizon Europe, cette recherche appelle à une réaction rapide pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons. Le Dr Christiaan Bredell insiste : « Ces résultats soulignent la nécessité d’une approche interdisciplinaire pour la prévention de la démence ».

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