Face à la raréfaction des ressources hydriques, Réseau Entreprendre et la Fédération nationale des Banques Populaires renforcent leur alliance stratégique. Au cœur de cette initiative : accompagner les PME vers une gestion plus sobre et responsable de l’eau, désormais considérée comme un levier de compétitivité.
Réseau Entreprendre et Banques Populaires font paraître un « Guide de l’eau » pour les PME
Le 8 avril 2026, Réseau Entreprendre et la Fédération nationale des Banques Populaires ont officialisé un renforcement de leur partenariat autour d’un enjeu devenu central : l’eau. Dans un contexte de tension croissante sur la ressource, ce rapprochement vise à structurer un accompagnement concret des entreprises, en particulier des PME, souvent en première ligne mais encore peu préparées.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un premier travail commun engagé en 2025, notamment à travers la publication d’un « Guide de l’eau ». Désormais, les deux acteurs entendent accélérer la sensibilisation et proposer des solutions opérationnelles, à travers une série d’actions étalées sur l’année 2026.
Ce partenariat repose d’abord sur une conviction forte : l’eau n’est plus un simple enjeu environnemental, mais un facteur déterminant de stabilité économique. « Pour les PME, l’eau est désormais un facteur critique de stabilité et de compétitivité », a déclaré Jean-François Nardot Peyrille, président de Réseau Entreprendre. Une prise de position qui reflète une réalité de plus en plus tangible sur le terrain. En effet, les tensions hydriques affectent directement les entreprises. Elles peuvent perturber la production, renchérir les coûts, voire fragiliser l’image de marque. Ces risques sont d’autant plus marqués pour les PME, qui disposent de moins de marges de manœuvre pour anticiper ou investir dans des solutions adaptées.
Dans ce contexte, le « Guide de l’eau » constitue un outil clé. Il propose des repères concrets pour aider les dirigeants à évaluer leur dépendance à la ressource et à engager des démarches de sobriété. Ce document s’inscrit dans une stratégie plus large, amorcée dès 2024 par les Banques Populaires, qui ont fait de l’eau une priorité nationale.
Les chiffres témoignent de cet engagement : 10.000 collaborateurs ont été formés aux enjeux hydriques, tandis que plus de 100 projets ont été financés, pour un montant total de 38 millions d’euros. Par ailleurs, 50 organisations et chaires de recherche ont été soutenues, et 23 écosystèmes naturels préservés.
Réseau Entreprendre : web-série, colloque et table ronde pour mobiliser les PME
Au-delà des outils, le partenariat se matérialise par une série d’événements destinés à diffuser les bonnes pratiques. Une web-série annuelle doit permettre de vulgariser les enjeux et de partager des retours d’expérience. En parallèle, un colloque est prévu en mai 2026, suivi d’une table ronde en novembre et de journées régionales.
Ces formats visent à toucher un large public d’entrepreneurs. Ils doivent également favoriser les échanges entre acteurs économiques, experts et institutions. Tout cela, afin d’accélérer la prise de conscience et inciter à l’action.
Cette mobilisation s’appuie sur une dynamique déjà engagée par les Banques Populaires. « En tant que banque coopérative et locale, nous avons fait de la gestion de l’eau notre priorité », a affirmé Philippe Hourdain, le président de la Fédération nationale des Banques Populaires. Une stratégie qui s’appuie notamment sur une large consultation : 1,1 million de sociétaires ont été interrogés sur ces enjeux.
Cependant, le défi reste considérable. Selon Bpifrance, 68% des dirigeants ne considèrent pas encore l’adaptation au changement climatique comme prioritaire, un frein majeur à la mise en œuvre de politiques de gestion de l’eau ambitieuses.
La gestion de l’eau, un enjeu économique majeur
La question de l’eau dépasse largement le cadre de ce partenariat. Elle s’inscrit dans une problématique globale, accentuée par le changement climatique. En France, le gouvernement vise une réduction de 10% des prélèvements d’ici 2030, tandis que les débits des cours d’eau pourraient chuter jusqu’à 70% en été dans certains territoires. Ces évolutions ont des conséquences directes pour les entreprises. L’accès à l’eau devient plus incertain, plus coûteux, et parfois plus conflictuel. Dans ce contexte, la gestion de la ressource devient un facteur de compétitivité.
Les PME sont particulièrement vulnérables. Moins équipées pour anticiper les crises, elles peuvent subir de plein fouet les restrictions d’usage ou les hausses de prix. Pourtant, elles représentent une part essentielle du tissu économique et doivent donc être accompagnées dans leur transition.
La CPME insiste également sur ce point : les événements climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents, accentuent les tensions sur l’eau et obligent les entreprises à adapter leurs pratiques. Cela passe notamment par des investissements dans des technologies économes, la réutilisation des eaux usées ou encore une meilleure gestion des cycles de production.
Réseau Entreprendre face à un défi systémique de l’eau et des usages
À l’échelle globale, la pression sur la ressource est déjà très forte. L’agriculture concentre environ 69% des prélèvements d’eau, contre 19% pour l’industrie et 12% pour les usages domestiques. Cette répartition souligne le poids des activités économiques dans la consommation globale.
Dans ce contexte, les entreprises sont appelées à jouer un rôle clé dans la préservation de la ressource. Elles doivent non seulement réduire leur consommation, mais aussi repenser leurs modèles. Cela implique une transformation en profondeur, qui ne peut se faire sans accompagnement.
C’est précisément l’ambition du partenariat entre Réseau Entreprendre et les Banques Populaires. En combinant expertise financière, réseau entrepreneurial et outils pédagogiques, les deux acteurs cherchent à créer un écosystème favorable à la transition. À terme, l’enjeu dépasse la seule performance économique. Il s’agit de garantir la résilience des entreprises face à un risque systémique, appelé à s’intensifier dans les années à venir.








