Le Consortium industriel bureautique et informatique (Conibi) a annoncé le lancement de son modèle de collecte et de valorisation des consommables d’impression au Benelux. Ce déploiement marque une étape stratégique pour cette organisation pionnière, fondée en janvier 2000, qui ambitionne désormais d’européaniser son système fondé sur l’industrialisation, la traçabilité et la gratuité.
Conibi : une révolution industrielle dans la collecte des consommables
Conibi, c’est d’abord une démonstration par l’action : en valorisant 100% des consommables collectés via une filière à la fois gratuite et industrialisée, l’entreprise a balayé les discours sceptiques sur le recyclage logistique à grande échelle. Depuis son lancement, plus de 4 millions de cartouches d’imprimantes sont traitées chaque année grâce à un réseau rigoureux de 15 plateformes logistiques et 5 centres de tri, dont quatre opérés par des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS).
La démarche n’est pas qu’environnementale. Elle est aussi sociale. « Nous avons co-construit nos process et investi dans la formation pour permettre à ces entreprises d’être pleinement intégrées à notre chaîne industrielle », a précisé Olivier Simone, directeur général de Conibi. Le système repose sur une triple valorisation : matière (41%), énergie (22%) et retour usine pour réemploi (37%). Résultat : davantage d’émissions évitées que générées, et une neutralité carbone atteinte.
Le Benelux, point de départ de l’ambition européenne de Conibi
Mais pourquoi le Benelux ? Parce que c’est le laboratoire idéal : proximité géographique, structure industrielle compatible, et forte culture du recyclage. Conibi y déploie son modèle avec la même promesse qu’en France : traçabilité à 100%, gratuité totale pour l’utilisateur professionnel et contrôle industriel rigoureux.
L’objectif ne s’arrête pas là. Comme le souligne Olivier Simone, « notre objectif est de disposer pour nos marques actionnaires d’une filière européenne structurée autour des mêmes principes que le modèle français d’ici 2028 ». L’Allemagne, l’Italie et l’Espagne figurent déjà sur la feuille de route pour 2030, ce qui laisse présager une transformation de l’approche européenne du recyclage des consommables.
Ce développement ne repose pas sur une improvisation mais sur un socle financier et organisationnel solide : 70.000 clients, 100 emplois directs et indirects, et un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros, comme le précise le communiqué officiel.
Une économie circulaire concrète, pas un vœu pieux
Conibi n’est pas un prestataire parmi d’autres, c’est un consortium : 15 fabricants majeurs – parmi lesquels Canon, Epson, Lexmark, Toshiba ou encore Xerox – se sont unis dès 2000 pour mutualiser leur responsabilité environnementale. Ce choix structurant fait toute la différence : les coûts sont absorbés par les marques, pas les utilisateurs finaux.
Le soutien de l’Ademe, les certifications ISO 9001 et 14001, et plus récemment l’obtention du label « Coq Vert » par Bpifrance en mai 2025, témoignent de la reconnaissance institutionnelle de cette approche systémique. L’entreprise affiche désormais des ambitions claires : réduire de 19% supplémentaires ses émissions d’ici 2028, grâce à l’optimisation logistique et à une augmentation du réemploi.
Conibi rappelle aussi, à contre-courant des idées reçues, que l’impression professionnelle reste bien vivante. Selon une étude Print 2025 de Quocirca, 64% des entreprises et 77% des milléniaux estiment que l’impression demeure pertinente, notamment dans le contexte du travail mobile.








