Pas très écolo : Bayrou fait un aller retour en jet pour les Journées de la géothermie

La géothermie, une énergie prometteuse, pourrait transformer notre avenir.

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Pas très écolo : Bayrou fait un aller retour en jet pour les Journées de la géothermie
Pas très écolo : Bayrou fait un aller retour en jet pour les Journées de la géothermie © RSE Magazine

Le jeudi 19 juin 2025, le Premier ministre s’est rendu à Biarritz, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour la 6e édition des Journées de la géothermie. Même si la visite a été courte, il n’a pas manqué de livrer un discours passionné sur la géothermie comme source d’énergie renouvelable. Toutefois, ce geste écolo a été terni par l’empreinte carbone conséquente liée à son déplacement en jet privé.

La géothermie, une énergie qui en jette

La géothermie, qui puise dans la chaleur naturelle de la Terre, offre une solution énergétique durable et très abondante. Pendant ses 27 minutes de discours, François Bayrou a vanté les atouts de cette énergie, la décrivant comme « gratuite et abondante » et affirmant qu’elle était une « source inépuisable d’énergie éternelle ». Il a même comparé la géothermie à une vraie « mine d’or ». Son ambition ? Multiplier par dix le nombre de professionnels dans ce secteur.

Pour y parvenir, un « commando géothermie » a été lancé pour accélérer le développement de cette technologie (oui, c’est un véritable plan d’action). Parallèlement, trois nouvelles écoles de formation vont voir le jour à Beauvais, Marseille et Lescar (près de Pau), afin de préparer la relève et former des spécialistes capables de relever les défis à venir.

Un vol en jet privé qui fâche

Malgré l’engagement affiché en faveur des énergies renouvelables, le choix du Premier ministre d’emprunter un jet privé pour se rendre à Biarritz a fait grincer quelques dents. François Bayrou a voyagé à bord d’un Falcon 900, le jet privé de l’État, pour un aller-retour entre Villacoublay (Yvelines) et le Pays basque. Le vol a duré plus de deux heures alors qu’il n’a passé qu’une heure et demie sur place.

Les jets privés sont notoirement gourmands en émissions de CO2, ce qui soulève des questions sur leur impact environnemental. Pour vous donner une idée, une étude de Transport & Environnement indique que sur 500 km, un jet privé peut rejeter jusqu’à 14 fois plus de CO2 qu’un avion commercial et 50 fois plus qu’un train. Le Falcon 900 utilisé lors de cette mission se classe parmi les plus gourmands en carburant et en émissions.

Les réactions politiques et écologiques

Ce décalage entre le message en faveur de l’environnement et le mode de déplacement n’est pas passé inaperçu. Hélène Laporte, vice-présidente du RN, a vivement critiqué le coût pour les contribuables et la pollution générée par ce vol, parlant de « milliers d’euros aux frais du contribuable » et d’une « tonne de CO2 émise pour une heure sur place ». De son côté, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, n’a pas mâché ses mots en soulignant : « L’écologie selon Bayrou : deux heures en jet pour moins de 30 minutes de discours ».

Les équipes du Premier ministre ont défendu ce choix en évoquant des raisons logistiques, mentionnant la sécurité et un emploi du temps chargé qui imposait un retour rapide à Paris pour le Conseil des ministres. Ils ont aussi affirmé veiller à privilégier les solutions les moins coûteuses pour leurs déplacements.

Les pratiques gouvernementales passées au peigne fin

L’utilisation d’avions pour des courts trajets fait souvent débat au sein du gouvernement français. Il existe déjà une interdiction des vols intérieurs lorsque l’alternative ferroviaire dure moins de 2h30, même si, pour diverses raisons sécuritaires ou organisationnelles, des exceptions sont parfois faites.

Ce déplacement s’inscrit dans une série de voyages similaires effectués par François Bayrou. Par exemple, il avait déjà pris un Dassault Falcon 7X pour aller à Pau lors d’un vol qui a consommé 800 kg de carburant en seulement 52 minutes.

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