Les entreprises du secteur des biotechnologies et de la pharmacie continuent de progresser en matière de durabilité, comme en témoigne l’analyse des notations ESG d’EthiFinance sur 86 sociétés européennes cotées en 2024. Bien que des avancées soient observées, certaines lacunes persistent, notamment dans la transparence et la mise en œuvre de pratiques durables, surtout en matière environnementale et sociale.
Des progrès en gouvernance mais des défis environnementaux persistants
En 2024, 70% des entreprises du secteur des biotechnologies et de la pharmacie obtiennent des scores ESG compris entre 31 et 70 sur une échelle de 100, annonce l’agence de notation ESG EthiFinance. Parmi les trois piliers de l’ESG (Environnement, Social, Gouvernance), les entreprises performent le mieux en gouvernance, un domaine où les pratiques sont les plus matures. Cependant, les performances environnementales et sociales restent en retrait, révélant des défis importants.
Sur le plan environnemental, un tiers des entreprises ont fixé des objectifs quantitatifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, seulement 9% de ces objectifs sont validés par l’initiative Science Based Targets, une validation pourtant cruciale pour aligner ces ambitions sur les exigences scientifiques. Ce chiffre contraste avec d’autres secteurs, où plus de la moitié des entreprises s’engagent sur des objectifs climatiques fondés sur la science. Par ailleurs, bien que 77% des entreprises aient mis en place des mesures pour réduire leurs émissions de CO2, seulement 52% d’entre elles rapportent leurs émissions indirectes (Scope 3), qui représentent pourtant la majorité des émissions du secteur.
La gestion des déchets et la transparence dans la communication : des efforts à intensifier
Outre les émissions de CO2, la gestion des déchets constitue un autre défi de taille pour le secteur, en raison des volumes générés par la production. Cependant, seulement la moitié des entreprises ont communiqué sur les volumes de déchets produits en 2023, un taux bien en deçà de celui d’autres secteurs, où 80% des entreprises le font. De plus, seules 12% des entreprises ont fixé des objectifs quantifiables en matière de réduction des déchets, illustrant le retard pris dans cette dimension cruciale de la durabilité.
Le manque de transparence dans le reporting est un obstacle à la progression vers une meilleure performance RSE. Selon Julia Haake, directrice de l’agence de notation ESG d’EthiFinance, cette faible communication sur les volumes de CO2 et de déchets montre l’importance d’améliorer la transparence pour favoriser des pratiques plus durables et réduire les risques de controverse. Cette transparence aide non seulement les entreprises à mieux se positionner par rapport à leurs concurrents, mais aussi les investisseurs à prendre des décisions éclairées.
Pharmacie et biotechnologies : les entreprises danoises et suisses affichent des performances encourageantes
En comparant les résultats par pays, les entreprises danoises du secteur obtiennent les meilleurs scores de durabilité, tandis que les entreprises suisses ont montré les plus fortes améliorations au cours des trois dernières années. Un autre fait marquant de l’étude est que les petites entreprises performent mieux que les grandes. Plus de la moitié des entreprises les mieux notées sont des petites entreprises, notamment celles comptant moins de 250 salariés. Cela suggère que les structures plus modestes, en raison de leur agilité, peuvent plus rapidement intégrer des pratiques durables et s’adapter aux exigences réglementaires et environnementales.
Avec une base de données couvrant plus de 2.300 entreprises européennes, EthiFinance souligne l’importance pour les petites et moyennes entreprises (PME) de jouer un rôle clé dans l’amélioration des performances ESG du secteur.








