On pensait notre eau potable… jusqu’à ça : le polluant invisible qui contamine presque tout

L’acide trifluoroacétique contamine 92 % des eaux françaises, soulevant de sérieuses inquiétudes pour la santé.

Publié le
Lecture : 2 min
On pensait notre eau potable… jusqu’à ça : le polluant invisible qui contamine presque tout
On pensait notre eau potable… jusqu’à ça : le polluant invisible qui contamine presque tout © RSE Magazine

On n’y échappe presque pas. L’acide trifluoroacétique (TFA), présenté comme un polluant éternel, s’infiltre dans les eaux françaises à une échelle insoupçonnée. Une étude récente de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) montre sa présence dans 92 % des eaux de France, ce qui soulève des questions environnementales et sanitaires.

Où on l’a trouvé et comment on l’a mesuré

Les mesures, publiées par les pouvoirs publics mercredi dernier et relayées par l’UFC Que Choisir, proviennent d’une vaste campagne menée entre 2023 et 2025 par le laboratoire d’hydrologie de Nancy de l’Anses. Les analyses ont porté sur 647 échantillons d’eaux brutes et 627 échantillons d’eau du robinet, répartis sur tout le territoire métropolitain et Outremer. C’est la première fois que l’État français évalue de façon aussi complète les niveaux de TFA dans l’eau.

Le TFA est un PFAS à chaîne courte, extrêmement persistant, très mobile et pratiquement indestructible. Ces caractéristiques compliquent grandement les traitements de potabilisation, rendant son extraction des eaux très difficile.

D’où vient le TFA

Les émissions de TFA viennent surtout de deux sources. Sur le plan atmosphérique, il se forme par la décomposition des gaz fluorés utilisés pour la réfrigération et retombe ensuite rapidement dans les eaux de surface. Sur le plan industriel, les rejets proviennent des fabricants d’un herbicide très utilisé, le flufénacet, ainsi que des émissions directes ou indirectes des sites qui synthétisent ou utilisent le TFA. Notamment, l’usine Solvay à Salindres, actuellement en cours de fermeture, est pointée du doigt pour son effet local.

Ce que ça peut faire à la santé

Les effets pour la santé sont préoccupants, le TFA étant potentiellement nocif pour le foie, la fertilité et pouvant provoquer des malformations chez les fœtus, ce qui illustre les risques pour la santé associés aux PFAS. Il peut aussi contaminer profondément toute la chaîne alimentaire. Les concentrations mesurées restent globalement trois fois inférieures à la valeur sanitaire indicative de 60 µg/L retenue par le ministère de la Santé, mais elles culminent jusqu’à 20 µg/L près de zones très industrialisées.

Des ONG comme Générations futures critiquent vivement cette valeur sanitaire indicative, la jugeant trop laxiste. À titre de comparaison, les Pays-Bas ont fixé une limite beaucoup plus stricte à 2,2 µg/L.

Réactions et perspectives en Europe

Les résultats de l’Anses confirment des constats de contamination généralisée déjà relevés par des associations, y compris à l’international, soulignant les préoccupations concernant la qualité de l’eau. L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) doit présenter une valeur de référence concernant le TFA d’ici mi-2026, ce qui pourrait conduire à une harmonisation des normes au niveau européen. Certains pays, comme la Suède, le Danemark et les Pays-Bas, ont d’ores et déjà adopté des limites plus strictes.

Laisser un commentaire