« On en mange tous les jours sans le savoir » : les toxicologues alertent sur le cadmium, ce poison invisible qui contamine les sols français

Près de 48% des adultes français dépassent les niveaux de cadmium jugés sûrs.

Publié le
Lecture : 2 min
« On en mange tous les jours sans le savoir » : les toxicologues alertent sur le cadmium, ce poison invisible qui contamine les sols français
« On en mange tous les jours sans le savoir » : les toxicologues alertent sur le cadmium, ce poison invisible qui contamine les sols français © RSE Magazine

L’imprégnation au cadmium chez les Français atteint des niveaux qui inquiètent, selon un rapport récent de l’Anses. Cette alerte, publiée le 25 mars, repose sur une expertise de deux ans et met en avant les risques renforcés liés à ce métal lourd pour la santé publique, principalement via l’alimentation. La situation interroge beaucoup d’experts, en raison des propriétés toxiques du cadmium et de sa tendance à s’accumuler dans l’organisme.

Pourquoi la situation pose problème

Le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qualifie la situation de « préoccupante ». Près de 47,6% de la population adulte en France dépasse les valeurs toxicologiques de référence en cadmium. Comparée à des voisins européens comme la Belgique, l’Angleterre et l’Italie, la France affiche des niveaux « jusqu’à trois ou quatre fois supérieurs », selon Géraldine Carne, coordinatrice du rapport. Le cadmium est un métal lourd reconnu pour ses effets cancérogènes, mutagènes, et perturbateurs sur la reproduction et le neurodéveloppement, et il s’accumule dans des organes tels que les os, les reins et le système cardiovasculaire.

D’après franceinfo, ces taux élevés s’expliquent en grande partie par la contamination alimentaire, qui reste la principale voie d’exposition : le rapport indique que « jusqu’à 98% » de l’imprégnation au cadmium proviendrait des aliments, avec une attention particulière sur les produits céréaliers comme le pain, les pâtes et les biscuits. En revanche, les légumineuses, lentilles, pois chiches, présentent une contamination « dix fois inférieure » à celle des céréales, ce qui ouvre des pistes pour des choix alimentaires plus sûrs.

Ce que ça signifie pour la santé et d’où ça vient

En dehors de l’alimentation, les fumeurs sont soumis à une double exposition au cadmium. Sur le plan médical, on estime qu' »un quart des cas d’ostéoporose » pourrait être attribuable à ce métal. Certains aliments, comme le chocolat, sont plus contaminés mais n’apportent qu’une contribution mineure à l’imprégnation globale. Les mesures de contamination concernant les denrées à base de blé, les céréales du petit-déjeuner et les produits sucrés poussent à réorienter la consommation vers des aliments moins contaminés et plus intéressants sur le plan nutritionnel.

L’Anses avance des hypothèses sur l’origine de cette contamination élevée : une utilisation plus intensive de certaines pratiques agricoles et une consommation en hausse de produits céréaliers. L’agence appelle à réduire la dépendance aux engrais minéraux phosphatés, à favoriser l’emploi de variétés agricoles « moins accumulatrices de cadmium » et à mieux exploiter le phosphore déjà présent dans les sols.

Laisser un commentaire