Océans en danger : un seuil vital vient d’être franchi, la planète bascule

Saviez-vous que l’acidité des océans a augmenté de 30 à 40 % depuis l’ère industrielle ?

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Océans en danger : un seuil vital vient d’être franchi, la planète bascule
Océans en danger : un seuil vital vient d’être franchi, la planète bascule © RSE Magazine

L’acidification des océans est désormais bien avancée et représente un véritable défi pour l’équilibre naturel de la Terre. Ce phénomène, provoqué en grande partie par la combustion des énergies fossiles et aggravé par la déforestation ainsi que la transformation des terres, fait grimper l’acidité des eaux marines de 30 à 40 % depuis le début de l’ère industrielle. Cette hausse réduit la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone (CO2) et met en péril la vie sous-marine. D’après le rapport « Planetary Health Check » de l’Institut de Potsdam (PIK), sept des neuf « limites planétaires » ont déjà été dépassées.

Un système en péril

L’augmentation de l’acidité est directement liée à l’absorption du CO2 par les océans, ce qui diminue le pH et rend l’eau agressive pour les coraux, coquillages et planctons. Ces organismes, qui forment la base de la chaîne alimentaire marine, ne peuvent plus assurer leur rôle habituel et leur déclin menace tout l’équilibre de l’écosystème océanique, notamment les récifs coralliens. Sylvia Earle, océanographe de renom, explique : « Aujourd’hui, l’acidification est comme un voyant rouge qui clignote sur le tableau de bord de notre planète. Passer à côté serait prendre le risque de voir s’effondrer les fondations du monde vivant. »

Levke Caesar, codirectrice du Planetary Boundaries Science Lab, ajoute : « On va clairement dans la mauvaise direction. Les océans deviennent plus acides, le taux d’oxygène chute et les épisodes de chaleur marine se multiplient, tout comme le ralentissement des courants. La pression monte sur un système vital pour notre planète. »

Quand on dépasse les limites

Les « limites planétaires » sont des seuils à ne pas franchir pour éviter de se retrouver dans des zones à risque pour l’humanité, comme le budget carbone. Parmi ces neuf repères figurent :

  • le changement climatique
  • la déforestation
  • la perte de biodiversité
  • les produits chimiques synthétiques
  • la raréfaction de l’eau douce
  • le cycle de l’azote
  • et, bien sûr, l’acidification des océans.

Seules deux limites restent dans la zone de sécurité : celle de la couche d’ozone et celle relative aux aérosols.

Johan Rockström, directeur du PIK, souligne : « On assiste à une détérioration généralisée de la santé de notre planète. Mais ce n’est pas écrit dans le marbre. Même si le diagnostic est sérieux, il reste encore le temps de s’en sortir. L’échec n’est pas inévitable ; c’est un choix qui peut être renversé. »

Des solutions à portée de main

Face à ces difficultés, il demeure possible d’inverser la tendance grâce à une action politique internationale coordonnée. On peut penser, par exemple, à la récupération progressive de la couche d’ozone depuis l’interdiction des substances nocives en 1987, ou encore à la baisse récente des émissions d’aérosols à l’échelle mondiale.

Paul Polman, vice-président du Pacte mondial des Nations unies, insiste : « Il faut que nous nous mobilisions de la même manière pour restaurer la santé de notre planète et protéger les océans. »

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