Les moustiques, porteurs de nombreuses maladies, posent un sacré défi de santé mondiale. Dernièrement, un projet en Autriche a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Certains internautes y voient Bill Gates en train de relâcher 600 000 moustiques génétiquement modifiés dans le pays. En réalité, ces affirmations sont sans fondement. Les moustiques lâchés ne sont pas modifiés génétiquement, ils sont simplement stérilisés pour diminuer la population de moustiques tigres.
Projet moustiques à Graz
Ce projet est piloté par le service de santé de la ville de Graz, en partenariat avec le Laboratoire Seibersdorf pour diminuer le nombre de moustique-tigre. Il repose sur la technique de l’insecte stérile (TIS) pour diminuer le nombre de moustiques tigres femelles. Comme ces moustiques ne s’accouplent qu’une fois par an, cette méthode se révèle particulièrement efficace, tout comme l’utilisation de la technologie LiDAR pour neutraliser les moustiques. Les mâles, qui ne piquent pas, sont d’abord séparés des femelles à l’état nymphal puis irradiés aux rayons X pour être stérilisés avant leur libération.
Cette technique a été testée avec succès dans des pays comme l’Italie, l’Espagne, la Chine, les États-Unis et La Réunion. Selon l’Institut de recherche pour le développement, elle permet de réduire la fertilité des moustiques mâles jusqu’à 60% et de diminuer leur densité relative jusqu’à 98% en Espagne.
Bill Gates n’est pas dans le coup
Malgré ce qui circule sur Internet, aucun lien n’existe entre Bill Gates (ou sa fondation) et ce projet autrichien. Certes, la fondation Bill et Melinda Gates finance des initiatives dans l’éducation et la santé, mais dans ce cas précis, il s’agit notamment d’un projet sur la santé des femmes à l’Institut autrichien de recherche en chimie et technologie ou d’un projet sur la tuberculose à l’université de Graz.
Les théories du complot visant Bill Gates ne sont pas nouvelles et les vérificateurs d’informations ont déjà dissipé à plusieurs reprises ces rumeurs infondées.
Une expérience en Colombie contre la dengue
Parallèlement, une initiative similaire est menée en Colombie pour lutter contre la dengue. Ce projet utilise des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia, qui bloque la transmission du virus. Sous la houlette du World Mosquito Program (WMP), cette expérience a permis de réduire sensiblement le nombre d’infections dans le département d’Antioquia.
Il est important de noter que la bactérie Wolbachia est introduite chez les moustiques sans qu’il y ait de modification génétique directe. Cette approche a été appliquée aussi dans des zones touchées par la dengue comme Jakarta en Indonésie et Niteroy au Brésil.
Défis climatiques et sanitaires
L’Organisation panaméricaine de la santé anticipe une hausse des cas de dengue avec El Niño et le changement climatique, ce qui renforce l’importance des mesures préventives. En Europe, l’agence sanitaire européenne a également noté une augmentation des cas.
Malgré les résultats prometteurs de ces projets innovants, ils font face à une résistance locale et à des idées farfelues. À Medellin, par exemple, une manifestation a eu lieu contre le projet soutenu par Bill Gates, avec des allégations selon lesquelles les moustiques seraient équipés de puces pour contrôler mentalement les gens.








