Décharges sauvages et microplastiques : un test grandeur nature pour la RSE de Nestlé Waters

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Bouteilles Eau Nestle Waters
Décharges sauvages et microplastiques : un test grandeur nature pour la RSE de Nestlé Waters © RSE Magazine

Les analyses menées par l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) ont mis au jour des concentrations de microplastiques sans précédent dans les eaux en bouteilles Contrex et Hépar, produites par Nestlé Waters, révèle Mediapart. Au-delà des chiffres chocs, c’est la question de la conformité réglementaire, de la gestion des passifs environnementaux et de la transparence vis-à-vis des consommateurs qui s’impose.

Des passifs environnementaux anciens mais lourds

L’eau en bouteilles des marques Contrex et Hépar présente de très fortes concentrations de microplastiques. En cause, des kilos et des kilos de bouteilles jetées dans la nature, qui polluent les sources de captage utilisés par Nestlé Waters, pointent l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Quatre décharges sauvages, situées à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-Les-Parey et Crainvilliers, ont été identifiées par ces administrations. Elles contiendraient 473.700 mètres cubes de déchets plastiques, soit l’équivalent de 126 piscines olympiques. Nestlé Waters rappelle que ces sites « datent des années 1960, avant que Nestlé ne soit propriétaire ». En termes RSE, cela pose la question cruciale de la gestion du passif environnemental hérité lors d’une acquisition.

Des données qui interrogent la gouvernance

Les analyses menées en 2024 montrent des taux de 515 particules de microplastiques par litre pour Contrex et 2.096 pour Hépar. Selon les informations de Mediapart, le magistrat chargé de l’affaire a parlé de « proportions incommensurables » pour décrire l’ampleur de la contamination. Ces données dépassent jusqu’à 1,3 million de fois les concentrations relevées dans les milieux naturels de surface et 2.952 fois la moyenne mondiale des nappes phréatiques. Pour un acteur affichant des engagements RSE ambitieux, cette réalité appelle à une remise en question des dispositifs de due diligence environnementale.

Face aux accusations, Nestlé Waters tente de rassurer : « Aucune pollution n’est avérée aux termes des analyses environnementales partagées avec les autorités. Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité ». L’entreprise assure avoir « nettoyé la majorité des sites » et attendre « les préconisations des autorités » pour les plus complexes. En termes de communication RSE, cette posture défensive illustre le dilemme entre protection juridique et nécessité de divulgation proactive.

Un cadre réglementaire à combler

Actuellement, aucun seuil légal ne définit de limite pour la présence de microplastiques dans les eaux minérales. Les négociations internationales en cours à Genève jusqu’au 14 août 2025 pourraient d’ailleurs conduire à un traité contraignant sur les plastiques. Pour les entreprises engagées en RSE, anticiper cette évolution est un impératif stratégique, notamment via des mesures volontaires de contrôle et de réduction des micropolluants.

Le procès prévu du 24 au 28 novembre 2025 sera suivi de près par les experts en durabilité. Si la responsabilité de Nestlé Waters est reconnue, cela pourrait servir de catalyseur pour imposer aux entreprises des audits environnementaux plus stricts et une responsabilité renforcée sur les impacts indirects de leurs activités.

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