La situation des orques et dauphins au Marineland d’Antibes fait beaucoup parler d’elle. Depuis la fermeture du parc en début d’année, le futur de ces animaux emblématiques est devenu une préoccupation de taille. Les deux orques, Wikie (24 ans) et Keijo (11 ans), ainsi que douze dauphins, se retrouvent sans refuge pour les accueillir. Ce dossier met en avant la complexité des challenges liés à la captivité des cétacés en France, notamment en raison de leurs adaptations marines.
Annulation du transfert vers l’Espagne
Le plan initial de transférer ces animaux dans un parc aquatique espagnol a été jeté aux orties. L’autorité scientifique espagnole a refusé d’accueillir orques et dauphins, prétextant que les installations prévues à Loro Parque à Tenerife pour les orques et à l’aquarium de Madrid pour les dauphins ne sont pas « assez grandes, volumineuses et profondes » pour garantir leur confort. Ce refus complique encore une situation déjà bien délicate à Antibes.
Conséquences immédiates pour Marineland
Face à cette impasse, Marineland n’a pas d’autre choix que de garder les animaux sur place. Mais cette solution de fortune n’est pas sans conséquences. En effet, les contrats de plusieurs soigneurs se terminent d’ici le 15 avril, ce qui risque de laisser le parc en vive difficulté pour s’occuper des cétacés. Par ailleurs, des travaux de maintenance urgents sur les bassins sont à prévoir afin d’offrir aux animaux des conditions de vie satisfaisantes.
La loi et les projets d’avenir
D’ici décembre 2026, la législation française sur le bien-être animal mettra fin aux spectacles et au maintien en captivité des orques et dauphins dans le pays. Pour répondre à cette nouvelle réglementation, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a mentionné la mise en place d’un sanctuaire marin européen pour répondre aux menaces environnementales qui pèsent sur les cétacés, en collaboration avec l’Italie, la Grèce et l’Espagne. Toutefois, ce projet ambitieux ne devrait se concrétiser qu’après au moins un an.
Réactions des associations et propositions
Face à l’urgence de la situation, plusieurs associations, comme Sea Shepherd France, ont proposé des solutions temporaires. Sea Shepherd a même mis sur la table une offre de cinq millions d’euros pour garder les cétacés à Antibes jusqu’à ce qu’une solution durable soit trouvée. Pour l’instant, Marineland n’a pas encore donné de réponse officielle. De plus, One Voice, par la voix de sa présidente Murielle Arnal, s’est déclarée « très soulagée » par le refus de transfert opposé par les Espagnols.
Obstacles juridiques et complications logistiques
Les formalités administratives viennent encore alourdir l’affaire. Marineland a déposé deux demandes de permis d’exportation : l’une pour transférer les deux orques et deux dauphins vers Loro Parque à Tenerife, et l’autre pour expédier dix dauphins au zoo de Madrid. Ces dossiers sont actuellement soumis à une expertise vétérinaire ordonnée par la justice française. Parallèlement, One Voice a engagé un recours devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour contester ces transferts.
Une urgence qui se fait sentir
La montre tourne pour trouver une solution qui ne laisse pas la situation empirer dans le parc, soulignant l’urgence d’agir pour le bien-être des cétacés. Une source interne précise : « Le 15 avril, il n’y aura plus de soigneurs », ce qui souligne bien l’urgence de la situation. La ministre Agnès Pannier-Runacher a affirmé qu’il fallait trouver une solution dès maintenant et non l’année prochaine.







