Loi Duplomb : la France fait encore un pas en arrière avec le retour d’un pesticide

La loi Duplomb pourrait redonner vie à des pesticides interdits, provoquant un tollé parmi les écologistes.

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Loi Duplomb : la France fait encore un pas en arrière avec le retour d'un pesticide
Loi Duplomb : la France fait encore un pas en arrière avec le retour d’un pesticide © RSE Magazine

La loi Duplomb vient d’être adoptée et fait grand bruit en France. Ce texte législatif, qui vise à alléger certaines charges pour les agriculteurs, remet sur le devant de la scène les néonicotinoïdes – ces pesticides interdits depuis 2018.

Un fossé entre politique et environnement

Joël Labbé, ancien sénateur du Morbihan, s’est démarqué par son opposition vigoureuse à cette loi Duplomb. Connu pour ses prises de position contre l’emploi des pesticides, il avait déjà fait sensation en 2015 en retirant symboliquement sa cravate au Sénat pour défendre une résolution européenne contre ces produits. Pour lui, cette loi représente une vraie marche arrière. Il déplore qu’elle ait été adoptée en commission mixte paritaire et estime que si chaque parlementaire votait selon ses convictions, le texte n’aurait pas pu être adopté.

De son côté, Laurent Duplomb, sénateur du parti Les Républicains (LR), défend sa loi en présentant cela comme une première étape pour renverser la tendance de décroissance dans le secteur agricole. Néanmoins, ses positions sont souvent pointées du doigt pour leur manque de considération quant aux mesures de préservation de l’environnement.

Les enjeux pour l’agriculture et l’économie

Joël Labbé avance que le système actuel use les sols avec l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides. Selon lui, développer l’agroécologie ainsi que l’agriculture biologique pourrait permettre de nourrir la France et même l’Europe, tout en réduisant la production végétale nécessaire grâce à une baisse de la consommation de viande (idée qui rejoint une logique de relocalisation alimentaire avec des projets territoriaux). Il critique également la loi Duplomb du fait qu’elle ne prend pas en compte la rémunération des agriculteurs.

Par ailleurs, une étude du Secours Catholique indique que 18 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour réparer les dégâts provoqués par l’agriculture productiviste. En parallèle, 48 milliards d’euros profitent à une catégorie restreinte d’agriculteurs, ce qui soulève de sérieuses interrogations sur la répartition de l’aide publique dans ce secteur.

Des conséquences sur la santé et la nature

Les opposants aux néonicotinoïdes les qualifient de « tueurs de biodiversité » et d’« activateurs de cancers », soulignant l’omniprésence des pesticides dans notre environnement. En outre, selon l’OMS, plus de 200 000 décès ont été enregistrés en Europe depuis 2020 à cause des canicules.

Des voix s’élèvent aussi pour mettre en lumière le risque que ces produits représentent non seulement pour la biodiversité, mais également pour la santé des agriculteurs. Vincent Licheron résume bien la situation en affirmant : « Ces produits sont dangereux pour la biodiversité mais aussi pour les agriculteurs eux-mêmes. »

La mobilisation citoyenne se renforce

Face à ces enjeux, plusieurs rassemblements sont programmés à travers la France pour informer le public. En région Centre-Val de Loire, on se retrouve notamment à Tours le 28 juin devant le Palais des Congrès ; à Bourges le 29 juin sur la place le Prado ; et à Blois, le même jour, sur la place de la Résistance.

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