Les entreprises face aux quotas de véhicules électriques : un bilan mitigé en 2024

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Les entreprises face aux quotas de véhicules électriques : un bilan mitigé en 2024 © RSE Magazine

Les quotas imposés par la loi d’Orientation des Mobilités (LOM) en matière de verdissement des flottes d’entreprises peinent à être respectés, révèle l’ONG Transport & Environment. Alors que 3.700 entreprises sont concernées par cette législation visant à accélérer la transition vers des véhicules électriques, seuls 25% d’entre elles ont atteint les objectifs fixés en 2024. Ce constat alarmant met en lumière le retard des entreprises dans la décarbonation du secteur automobile, pourtant essentiel pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre en France.

Une transition électrique lente et inégale

L’intégration de véhicules électriques au sein des flottes d’entreprise est un chantier qui prend du retard, constate l’ONG Transport & Environment dans un nouveau rapport. Pire, l’ONG pointe l’écart grandissant entre les entreprises respectueuses de la LOM et les autres. Sur les 3.700 entreprises concernées, 75% n’ont pas respecté leur obligation d’intégrer 20% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables dans leurs flottes. Cette transition, qui a pourtant débuté avec des quotas modestes de 10% en 2022 et 2023, devait monter en puissance dès 2024, mais reste largement en dessous des attentes.

Les grandes entreprises montrent toutefois une forte concentration en termes de capacité à respecter ces quotas. EDF et La Poste se positionnent comme des leaders avec respectivement 54% et 69% de véhicules électriques dans leurs parcs en 2024. En revanche, des groupes comme la SNCF (5%) et certains acteurs du BTP (NGE avec 6%) peinent à suivre le rythme. Ces écarts illustrent l’absence de volonté claire parmi certaines directions, alors même que les obstacles techniques comme l’autonomie ou les infrastructures de recharge ne constituent plus des freins majeurs.

Les flottes d’entreprise, un élément clé de la filière automobile

Malgré ces contre-performances, les entreprises jouent un rôle central dans la dynamique du marché automobile français. Elles immatriculent chaque année près de deux tiers des véhicules neufs, dont 1,1 million de voitures en 2024, contribuant ainsi au renouvellement du parc automobile. Ces entreprises sont aussi un débouché stratégique pour les constructeurs français, 51% des véhicules achetés étant des marques nationales.

La réforme de la LOM, prévue pour 2025, vise à renforcer ces quotas et à mieux les faire respecter. Selon les projections de T&E, si cette réforme aboutit, jusqu’à 2,4 millions de véhicules électriques supplémentaires pourraient être mis en circulation entre 2025 et 2035. Cela alimenterait également le marché de l’occasion, offrant 1,2 million de véhicules électriques de seconde main en plus pour les particuliers et les petites entreprises. Ces véhicules d’occasion sont essentiels pour démocratiser l’accès à la mobilité verte, surtout dans un contexte où 83% des Français achètent d’abord sur ce marché.

Le retard accumulé par les entreprises pose donc des questions sur leur contribution réelle à la transition énergétique, mais les perspectives d’amélioration restent à l’ordre du jour avec les réformes annoncées.

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