En février 2025, l’île de Santorin, située en mer Égée en Grèce, a connu une forte activité sismique qui a fait flipper à la fois habitants et spécialistes. Réputée pour ses paysages de rêve et son passé volcanique, Santorin est un ancien cône volcanique qui a subi une éruption dévastatrice vers 1610 avant notre ère. Ces tremblements récents ont rappelé à tout le monde ces temps turbulents et relancent le débat sur l’activité géologique de la région, notamment les éruptions volcaniques.
Des séismes qui font peur
Entre la fin janvier et la mi-février 2025, plus de 2 000 tremblements ont été enregistrés sur l’île, certains culminant à une magnitude de 5,3. Les secousses se succédaient toutes les quelques minutes, plongeant résidents et touristes dans la panique. Environ 10 000 personnes ont été évacuées temporairement par mesure de sécurité. Ces événements ont provoqué un important exode de l’île, laissant une ambiance bien incertaine.
Au départ, on pensait que ces secousses étaient dues aux failles tectoniques environnantes, mais de récentes analyses suggèrent autre chose : des mouvements de magma à environ dix kilomètres sous terre. Deux études publiées dans la revue « Geochemistry, Geophysics, Geosystems » montrent que ces déplacements de magma pourraient bien être à l’origine de ces séismes.
Des découvertes scientifiques qui font avancer la recherche
Les travaux d’Emilie Hooft, géophysicienne à l’Université de l’Oregon, ont permis d’obtenir une image précise du système magmatique sous Santorin grâce à des signaux sismiques atypiques. Ces recherches révèlent que ce système s’étend bien plus qu’on ne le croyait et mettent en lumière un phénomène peu connu : le déplacement latéral du magma. Bien que les volcans habituellement surveillés soient restés silencieux, cette activité inattendue pourrait annoncer un réveil volcanique en dehors des zones habituelles.
Lors d’une campagne sismique dans la caldeira de Santorin, les scientifiques ont mis au jour un réservoir de magma profondément enfoui sous une zone de faille précise. Grâce à des canons à air comprimé qui envoient des ondes acoustiques, ils ont pu identifier une zone particulièrement riche en magma sous le horst d’Anhydros, à une profondeur de 11 à 13 kilomètres.
Ce que ça change pour les volcans
Les systèmes volcaniques de Santorin et du volcan Kolumbo (situé au nord-est de l’île) sont distincts, mais tous deux connaissent une activité volcanique intense. En effet, le magma du Kolumbo provient d’un réservoir intermédiaire se trouvant entre 11 et 13 kilomètres de profondeur, tandis qu’à Santorin, le réservoir supérieur est localisé entre 3 et 6 kilomètres sous la surface. Les foyers des récents séismes correspondent à ces réservoirs magmatiques profonds, bien qu’ils soient décalés par rapport au système volcanique principal.
Ces résultats obligent à revoir notre manière de repérer et de surveiller les zones susceptibles de danger. Comme l’explique Emilie Hooft : « Le comportement d’un volcan dépend de tout un système géologique en interaction ». Il devient urgent de garder un œil non seulement sur les sommets, mais aussi sur les structures souterraines environnantes.
Les habitants restent inquiets face à cette activité géologique imprévisible. Mieux comprendre ce réseau complexe pourrait aider à prévoir et à éviter d’éventuelles catastrophes naturelles dans cette région sensible.








