La déforestation liée aux importations françaises atteint 1,8 million d’hectares

La déforestation importée s’inscrit désormais dans la comptabilité carbone de la France. Selon Envol Vert, les importations hexagonales de matières premières auraient contribué à la destruction de plus de 1,8 million d’hectares de forêts.

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La déforestation liée aux importations françaises atteint 1,8 million d’hectares © RSE Magazine

Publié le 14 octobre 2025, le rapport « L’Empreinte Forêt de la France 2025 » d’Envol Vert dresse un constat alarmant : la déforestation liée aux importations françaises s’étend sur 1 837 487 hectares, soit près d’une fois et demie la taille de l’Île-de-Franc. Cette étude, menée dans le cadre d’une approche RSE et écologique, mesure l’impact des produits consommés en France sur les forêts tropicales et boréales. En s’appuyant sur des données publiques et des filières agricoles clés, Envol Vert met en lumière l’empreinte cachée de notre économie.

Un diagnostic précis sur la déforestation importée et ses moteurs économiques

La déforestation importée se concentre sur sept matières premières : soja, cacao, huile de palme, café, bois, caoutchouc et bœuf. D’après Envol Vert, ces filières concentrent à elles seules l’essentiel de l’empreinte forêt française. Le soja, en particulier, domine le tableau. Selon le rapport, 87 % du soja importé est destiné à l’alimentation animale, ce qui renforce le lien entre nos habitudes de consommation et la destruction des écosystèmes tropicaux.

De son côté, Le Monde précise que le soja représente 44,4 % de l’empreinte totale et que la consommation française détruit chaque année près de 137 848 hectares de forêts à l’étranger.

Envol Vert souligne également que les chaînes d’approvisionnement françaises restent insuffisamment transparentes, malgré les obligations réglementaires. « L’Empreinte Forêt de la France est de 1 837 487 hectares. C’est la surface déforestée pour les importations françaises depuis les dates butoir fixées dans les différentes filières agricoles », indique le rapport. En matière d’économie responsable, cette approche met au défi les entreprises d’intégrer l’empreinte carbone et forestière dans leur reporting RSE. Elle oblige aussi les décideurs publics à mesurer les conséquences globales d’une politique commerciale qui externalise ses impacts.

La réponse RSE face à une empreinte forêt devenue un indicateur stratégique

Pour les entreprises françaises, le rapport d’Envol Vert agit comme un révélateur. Il démontre que la RSE ne peut plus ignorer la déforestation importée, désormais mesurable et quantifiable. « Toutes les trois minutes, l’équivalent de la superficie d’un terrain de football est déforesté pour la production de matières premières agricoles importées en France », rappelle la journaliste Lila Martin dans Le Monde.

Le rapport d’Envol Vert propose une méthodologie standardisée, baptisée « Empreinte Forêt », permettant aux entreprises de calculer leur impact et de définir des stratégies d’atténuation. Cette logique d’action s’inscrit dans une dynamique plus large de responsabilité environnementale. Envol Vert milite pour que l’empreinte forêt devienne un indicateur intégré aux bilans carbone. Ce pas en avant pourrait transformer la manière dont les entreprises communiquent sur leur durabilité et leur empreinte globale.

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