Des chercheurs de l’Université du Texas à Austin ont enregistré en temps réel un phénomène sismique inédit. Ce séisme à glissement lent, aussi appelé tremblement de terre silencieux, a été observé au large des côtes japonaises. Rapporté par Interesting Engineering le 27 juin 2025, cet enregistrement offre un aperçu fascinant de mouvements tectoniques habituellement cachés.
Comprendre ce tremblement progressif
Ce type de séisme se distingue par sa durée et son déroulement tout en douceur. Alors que les tremblements classiques surviennent en quelques secondes, ces secousses lentes peuvent durer plusieurs jours, semaines ou même mois. Par exemple, les chercheurs ont noté que les séismes analysés ont mis plusieurs semaines pour parcourir 32 kilomètres le long d’une faille. Ici, le mouvement s’opère par une lente décompression de la ligne de faille.
Selon Josh Edgington, doctorant à l’Institut de géophysique, « c’est comme une ondulation qui se déplace à l’interface des plaques ».
La technologie qui fait la différence
Pour suivre ce phénomène insolite, les chercheurs ont utilisé une technologie de pointe. Des capteurs de forage ont été placés dans une zone stratégique au fond marin, au niveau de la fosse océanique de Nankai, pour détecter des vibrations naturelles. Ces capteurs, qui peuvent détecter des déplacements de quelques millimètres, ont permis de suivre avec précision la décompression le long de la faille.
Les relevés montrent que le glissement a démarré à environ 30 kilomètres à l’intérieur des terres par rapport à la tranchée, puis a migré vers la mer à une vitesse de 1 à 2 kilomètres par jour. Ces résultats, publiés dans la revue Science, apportent un éclairage nouveau sur ce type de mouvement sismique.
Ce que cela signifie pour la science et l’histoire
L’analyse des données révèle que la partie profonde de la faille se comporte comme un amortisseur naturel, libérant la pression sans engendrer de secousses violentes ni de tsunami, ce qui modifie la dynamique géologique.
La faille de Nankai est tristement célèbre pour le séisme majeur de 1946, qui avait provoqué d’importants dégâts matériels et humains, avec plus de 36 000 maisons détruites et 1 300 personnes tuées. Cependant, les récentes observations indiquent que la portion étudiée dans cette recherche ne semble pas être à l’origine des gros séismes et tsunamis habituellement associés à cette région.








