Ils vont tous disparaître : 2 000 cerfs condamnés sur cette île paradisiaque

Près de 2 000 cerfs menacent l’écosystème unique de Santa Catalina.

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Ils vont tous disparaître : 2 000 cerfs condamnés sur cette île paradisiaque
Ils vont tous disparaître : 2 000 cerfs condamnés sur cette île paradisiaque | RSE Magazine

À environ 37 kilomètres des côtes de Los Angeles se trouve l’île de Santa Catalina, réputée pour ses paysages sauvages et son statut de paradis naturel. Cette île rocheuse de la côte Pacifique abrite une biodiversité riche, avec plus de soixante espèces endémiques, parmi lesquelles le renard gris insulaire de Catalina, l’écureuil terrestre de Catalina et la musaraigne ornée de Catalina. Mais cet équilibre est menacé par une population non indigène de cerfs mulets, également appelés cerfs à queue noire, introduits dans les années 1920 pour la chasse.

Un plan de restauration qui va loin

D’ici 2032, toute la population de cerfs mulets de Santa Catalina doit être éliminée selon un « plan de restauration » approuvé par le Département californien de la pêche et de la faune sauvage (CDFW). L’objectif est d’éradiquer une population estimée entre 800 et 2 000 cerfs, confirme Le Figaro. La Catalina Island Conservancy, qui protège 88 % du territoire de l’île, juge que la régulation par la chasse n’est plus efficace : seulement 400 cerfs tués sur plus de 1 000 autorisés en 2024. D’après l’organisation, la présence des cerfs provoque la destruction de la végétation indigène, la dégradation de l’habitat et un environnement plus favorable aux incendies.

Une opération quasi militaire pour éliminer les cerfs

Le déploiement de tireurs d’élite, confié à l’entreprise White Buffalo Inc., est prévu pour l’automne 2026. Présentée comme une « opération quasi militaire », elle utilisera des technologies avancées : imagerie thermique, drones et hélicoptères pour maximiser l’efficacité de l’élimination. Des chiens seront aussi employés pour repérer les cerfs près des points d’eau et des sites d’agrainage. Le coût estimé de l’opération est de 600 000 €, soit entre 184 € et 368 € par cerf, des chiffres qui pourraient augmenter à cause des difficultés topographiques du terrain.

Réactions et polémiques

La proposition d’utiliser la viande des cerfs pour un programme de rétablissement du condor de Californie, et de laisser les carcasses sur place jusqu’à leur décomposition, illustre une approche pragmatique face aux défis logistiques. Mais le plan divise. Élus locaux, chasseurs, défenseurs des animaux et habitants de l’île, ainsi que l’association Howl for Wildlife, manifestent leur désaccord. Les opposants, estimant que les arguments environnementaux sont infondés, ont produit un film intitulé « Killing Catalina », qualifiant la décision d’irréversible, immorale et néfaste.

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