Ils ouvrent une conserve de saumon périmée depuis 1979 : ce que les biologistes marins découvrent à l’intérieur remet en cause 50 ans de recherche

Des conserves de saumon vieilles de 50 ans ont révélé des parasites marins, transformant notre compréhension des écosystèmes.

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Ils ouvrent une conserve de saumon périmée depuis 1979 : ce que les biologistes marins découvrent à l'intérieur remet en cause 50 ans de recherche
Ils ouvrent une conserve de saumon périmée depuis 1979 : ce que les biologistes marins découvrent à l’intérieur remet en cause 50 ans de recherche © RSE Magazine

Une découverte inattendue a récemment fait parler d’elle dans le monde scientifique : des chercheurs ont ouvert des conserves de saumon vieilles de 50 ans. À l’intérieur, ils ont retrouvé des parasites marins qui pourraient bien changer notre façon de voir les écosystèmes marins. Ces boîtes agissent comme une sorte de machine à remonter le temps, permettant d’observer des évolutions sur plusieurs décennies dans un écosystème marin intact.

Une capsule temporelle retrouvée

Ces conserves, à l’origine destinées au contrôle de qualité, avaient été négligées jusqu’à ce qu’une équipe de l’University of Washington dirigée par Natalie Mastick voie leur intérêt scientifique. Natalie, aujourd’hui chercheuse postdoctorale au Peabody Museum of Natural History de l’université de Yale, a piloté le projet qui ouvre une nouvelle voie d’étude écologique.

Les conserves datent de 1979 à 2021 et proviennent d’Alaska, notamment du Gulf of Alaska et de la Bristol Bay. Le travail, publié dans la revue Ecology and Evolution, portait sur 178 conserves contenant quatre espèces de saumon : le saumon chum, le saumon coho, le saumon pink et le saumon sockeye.

Ces échantillons ont livré des informations précieuses, mais aussi des parasites marins, en particulier des anisakidés restés préservés malgré les années et le procédé de mise en conserve.

Ce que ça révèle sur l’écosystème

La présence d’anisakidés a permis d’analyser leur abondance et leur évolution en parallèle avec celle des saumons. Chez certaines espèces, comme les chum et les pink, on observe une augmentation des parasites au fil du temps. Pour d’autres, comme les coho et les sockeye, les niveaux restent plutôt stables.

Natalie Mastick suggère que cette hausse chez certaines espèces pourrait refléter un écosystème soit stable, soit en phase de récupération, avec suffisamment d’hôtes pour entretenir ces parasites.

Les anisakidés, ces vers marins d’environ 1 cm, ont un rôle dans la chaîne alimentaire : ils commencent leur cycle dans le krill, passent ensuite aux poissons comme le saumon, puis atteignent les systèmes digestifs des mammifères marins. Chelsea Wood, autre membre de l’équipe, explique que leur présence témoigne d’un environnement en bonne santé et parle d’une « fenêtre sur la mémoire de la nature ».

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