Ignoré pendant 14 ans dans un bocal, ce microbe bouleverse tout ce que l’on croyait sur l’évolution

Une découverte étonnante remet en question notre compréhension du vivant : Solarion arienae, un organisme microscopique, ouvre un nouveau phylum.

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Ignoré pendant 14 ans dans un bocal, ce microbe bouleverse tout ce que l’on croyait sur l’évolution
Ignoré pendant 14 ans dans un bocal, ce microbe bouleverse tout ce que l’on croyait sur l’évolution © RSE Magazine

Une trouvaille étonnante vient de secouer la biologie : un organisme microscopique nommé Solarion arienae. Repéré dans les laboratoires de l’Université Charles en République tchèque (à Prague), il conduit à revoir notre vision de l’arbre du vivant. En effet, Solarion arienae inaugure un phylum entièrement nouveau, une extension massive de la classification du vivant jusque-là inconnue. Pour mesurer l’ampleur, il suffit de rappeler que l’ensemble du règne animal constitue un seul phylum.

Un échantillon laissé de côté depuis 2011

Selon Geo, tout a commencé en 2011, quand des biologistes ont prélevé un échantillon d’eau de mer dans les eaux croates, puis l’ont envoyé au laboratoire de l’Université Charles. Conservé en culture pendant treize ans, ce prélèvement a été laissé de côté : les chercheurs se concentraient surtout sur les ciliés marins qu’il contenait.

La disparition soudaine de ces ciliés a permis la découverte inattendue de Solarion arienae, qui était resté discret dans l’échantillon tout du long. Les travaux menés par les protistologues Ivan Čepička et Marek Valt ont été déterminants pour mettre cet organisme en lumière. Les deux chercheurs reconnaissent aujourd’hui, avec une pointe d’ironie, qu’ils avaient sous-estimé l’importance de cet élément pendant toutes ces années.

Une nouvelle branche et des caractères surprenants

L’arrivée de Solarion arienae crée un nouveau phylum dans la classification biologique. Classé dans le genre Solarion et décrit comme l’espèce arienae, cet eucaryote unicellulaire présente des cellules très petites et peu mobiles, si discrètes qu’elles échappaient à la détection.

Sur le plan génomique, les mitochondries de Solarion arienae racontent une histoire évolutive fascinante, ce qui soulève des questions sur l’évolution de la vie. Elles portent le gène secA (un gène impliqué dans le transfert génétique), qui montre des traits des premières étapes de la symbiose mitochondriale — cet événement qui se serait produit il y a environ deux milliards d’années. L’organisme est présenté comme un « fossile vivant microscopique », un témoignage rare d’une fusion ancestrale entre cellules et proto-mitochondries.

Ce que ça nous apprend sur l’évolution et nos manques

La publication de ces travaux dans la revue Nature souligne l’importance capitale de la découverte, enrichissant notre compréhension des anomalies génétiques. Comme le notent Ivan Čepička et Marek Valt, cette identification offre une nouvelle lecture d’un chapitre très ancien de l’évolution cellulaire et remet en question notre compréhension actuelle de la diversité microbienne.

Elle soulève aussi une question simple mais troublante : si un organisme d’une telle importance a pu passer inaperçu pendant plus d’une décennie, combien d’autres lignées anciennes attendent encore d’être mises au jour?

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