Depuis le 9 juin 2025, une initiative environnementale inédite a été lancée à l’échelle nationale par l’éco-organisme Cyclevia, en collaboration avec trois enseignes clés de l’entretien automobile : Norauto, Carter-Cash et Midas. Ensemble, ces acteurs ont mis en œuvre une expérimentation de collecte des huiles usagées générées par les particuliers, dans un souci manifeste d’aligner les pratiques du secteur avec les impératifs de la transition écologique.
Déjà plusieurs bornes de collecte déployées
L’expérimentation repose sur une structure partenariale rigoureuse. Midas s’est ainsi vu confier l’installation d’un premier point de collecte dans son centre de Noeux-les-Mines, dans les Hauts-de-France, tandis que Norauto et Carter-Cash ont déployé dix bornes chacun dans d’autres zones du territoire. L’ensemble du dispositif, placé en accès libre et sans frais pour les usagers, vise à faciliter l’élimination correcte des huiles de vidange tout en réduisant les risques de pollution domestique. Ces points d’apport volontaire s’insèrent en complément des déchèteries existantes, en tenant compte des pratiques actuelles des automobilistes, notamment ceux qui réalisent eux-mêmes leurs vidanges.
Le groupe Chimirec assure la gestion logistique de l’opération. Il se charge de la collecte, du tri et du transport des huiles vers des centres agréés de régénération. Ce processus permet à une grande majorité de ces substances, encore récupérables après traitement, de redevenir de l’huile neuve. Les emballages souillés, quant à eux, sont valorisés sous forme de combustible industriel destiné aux fours de cimenteries ou d’usines à chaux.
Une expérimentation réussie et étendue à toute la France
L’initiative trouve son origine dans une expérimentation antérieure menée en Guadeloupe entre 2023 et 2024. Près de quatre tonnes d’huiles y avaient été recueillies en six mois, démontrant le potentiel réel de ce type de collecte décentralisée. Fort de ce succès, Cyclevia a organisé un appel à candidatures fin 2024 pour sélectionner ses nouveaux partenaires. L’opération lancée en métropole s’inscrit dans le prolongement direct de cette démarche, avec une montée en échelle et un dispositif de suivi rigoureux. Chaque point de collecte fait l’objet d’un suivi quantitatif et qualitatif, permettant à l’éco-organisme d’affiner sa connaissance des flux et de calibrer ses futures obligations réglementaires, notamment dans le cadre de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) mixte.
Cette REP, entrée en vigueur au 1er janvier 2025, place désormais les producteurs de lubrifiants au cœur de la gestion de leurs externalités. Cyclevia, en tant qu’éco-organisme agréé, porte cette responsabilité de manière double : financement des filières existantes, mais aussi mise en œuvre d’actions concrètes pour aller capter les gisements encore dispersés.
Informer pour mieux recycler les huiles usagées
Le volet pédagogique de l’opération n’est pas en reste. Une campagne de communication multicanale a été lancée simultanément dans les régions concernées. Affiches, messages radio, signalétique locale et information digitale accompagnent la présence physique des bornes. L’objectif assumé est d’initier un réflexe de tri et de dépôt, en informant les automobilistes des conséquences environnementales du rejet sauvage de l’huile usée, mais aussi de l’existence d’alternatives simples et accessibles.
Du côté des partenaires privés, cette alliance renforce leur positionnement en matière de RSE. Pour Midas, qui a engagé depuis plusieurs années une stratégie orientée vers la durabilité, cette collaboration représente un prolongement logique de ses engagements. Antoine Hurel, responsable RSE chez Midas France, a résumé ainsi la philosophie de l’enseigne : « Ce dispositif garantit aux particuliers – clients ou non du réseau Midas – une collecte sûre et un traitement adapté de ces déchets dangereux pour leur offrir une deuxième vie. »
Les résultats de l’opération seront consolidés en fin d’année 2025. Ils permettront d’évaluer son impact réel, tant en volume collecté qu’en mobilisation citoyenne. En cas de succès confirmé, une généralisation à plus grande échelle pourrait être envisagée dès 2026.








