Les consommateurs français vont devoir se préparer à une nouvelle vague de hausse des tarifs alimentaires, ce qui pourrait les amener à considérer les marques de distributeurs comme une alternative. Après dix années de déflation puis deux années d’inflation, les discussions entre industriels et grande distribution prévoient une augmentation des prix pour 2025. Cela soulève des inquiétudes sur la baisse du pouvoir d’achat et l’accessibilité aux produits de première nécessité.
Situation économique et négociations
La France a roulé pendant dix années de déflation avant de basculer vers une période d’inflation. Lors des échanges entre distributeurs et grandes surfaces, une presque stabilité des tarifs a été évoquée, d’après Yves Puget, directeur des publications du magazine LSA. Toutefois, il s’attend à ce que les prix montent doucement dans les prochains mois. Ces pourparlers annuels, organisés chaque février, fixent les tarifs pour l’année suivante, avec un véritable bras de fer entre fabricants et enseignes pour ajuster les coûts.
Hausse annoncée des tarifs
Parmi les produits les plus touchés, ceux à base de lait et de beurre verront leur prix augmenter en moyenne de 15 % par rapport à 2024. Les biscuits secs ainsi que ceux au chocolat ne seront pas épargnés. Le chocolat et le jus d’orange, qui ont déjà vu leur tarif grimper depuis 2023, continueront sur cette lancée. Le café fait également partie de la liste, avec une hausse notable de 15 %.
D’autres produits du quotidien comme les yaourts, camemberts, emmentals, beurres et crèmes fraîches connaîtront des augmentations, que François-Xavier Huard décrit comme « largement absorbables par le consommateur ».
Plusieurs éléments expliquent ces augmentations. Pour les produits laitiers, on fait principalement citer la fièvre catarrhale et la sécheresse, qui ont entraîné une hausse du prix d’achat du lait pour les producteurs. Le jus d’orange pâtit de conditions climatiques défavorables au Brésil et d’une maladie affectant la production locale. Quant au café, il souffre à la fois de la sécheresse au Brésil et d’une demande qui explose en Chine.
Le cacao, quant à lui, voit son tarif s’envoler après des pluies diluviennes en Afrique de l’Ouest qui ont compromis les récoltes. Parallèlement, la demande mondiale pour le chocolat pousse ces hausses à la hausse.
Le marché du beurre en tension
Le beurre traverse une période particulièrement compliquée, son prix ayant doublé en deux ans en France. Cette flambée s’explique par la tendance des producteurs à transformer le lait en fromage plutôt qu’en beurre. La France, qui consomme huit kilos de beurre par habitant chaque année, subit tout de suite les conséquences de cette situation.
Des baisses sur certains produits
Tous les articles ne vont pas subir une augmentation. Certaines catégories devraient même voir leur tarif baisser légèrement. L’huile d’olive, les pâtes et le sucre pourraient ainsi bénéficier d’une petite réduction. De même, quelques produits non alimentaires, notamment dans les domaines de la beauté ou de l’hygiène, devraient enregistrer une baisse moyenne d’environ 2 %.
Même si ces hausses paraissent inévitables dans cette période économique compliquée, elles remettent en question leur influence sur le budget alimentaire des ménages français. Yves Puget résume bien la situation en rappelant que « avant les deux ans d’inflation que la France vient de connaître, nous avions vécu dix années de déflation. »








