Randstad lance sa fondation pour briser les plafonds de verre numériques

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Fondation Randstad
Randstad lance sa fondation pour briser les plafonds de verre numériques © RSE Magazine

L’industrie française en manque de talents verra-t-elle son avenir se conjuguer enfin au féminin ? Tandis que les discours sur l’inclusion saturent les conférences, une multinationale franchit le pas. Et pas n’importe laquelle. Mais sous les belles intentions, quels moyens concrets ?

Randstad installe sa fondation au cœur du combat pour la mixité

Le 12 juin 2025, le groupe Randstad, mastodonte mondial du recrutement, a officiellement lancé la Fondation Randstad, une nouvelle structure dédiée à la promotion de l’équité et de la mixité dans le monde professionnel. Une initiative à première vue vertueuse, qui entend s’attaquer aux inégalités tenaces dans les secteurs de l’industrie, de l’ingénierie, du numérique et des technologies. Au cœur de ce dispositif : des appels à projets, des collaborations stratégiques et une gouvernance affichée comme engagée.

Forte de plus de vingt ans d’engagement via l’Institut du même nom, la multinationale Randstad passe à l’étape suivante avec une fondation recentrée sur les enjeux de genre dans des secteurs en tension, où les femmes représentent encore une minorité. En effet, d’après le communiqué annonçant le lancement de la fondation, « la Fondation Randstad a pour mission la promotion de l’équité et de la mixité en entreprise », avec pour cibles privilégiées « les secteurs de l’industrie, de la technologie, de l’ingénierie et du numérique ».

Les moyens ? Des appels à projets, dont le programme-phare « Osez la mixité », ouvert aux structures de l’Économie sociale et solidaire jusqu’au 12 septembre 2025, propose financements, accompagnement et mise en réseau. Objectif affiché : construire des « parcours de carrière pour les femmes dans des secteurs hautement pénuriques ».

Une fondation, pour quoi faire ? Entre impact social et stratégie d’image

Dans une économie où les mots « inclusion » et « diversité » sont devenus des passages obligés des rapports RSE, la création d’une fondation d’entreprise n’est jamais neutre. L’annonce s’accompagne d’une gouvernance policée : à sa tête, Benoit Labrousse, président de Randstad France, entouré de profils reconnus du secteur social, du monde associatif et entrepreneurial.

La nomination de l’ancienne ministre Élisabeth Moreno, présidente de Femmes@Numérique, comme marraine, ajoute un cachet politique à l’ensemble. Son parcours dans les hautes technologies, son implication dans l’Économie Sociale et Solidaire et sa visibilité médiatique la placent comme figure de proue de cette stratégie d’influence. Mais jusqu’où ce engagement ira-t-il ?

La directrice générale, Ana de Boa Esperança, affirme : « À travers la Fondation Randstad, nous réaffirmons notre volonté de lutter contre les discriminations dans l’accès à l’emploi, de favoriser l’équité et de promouvoir la mixité en entreprise ». Un vœu pieux ? Ou un plan méthodique pour redéployer la politique RSE du groupe sous une bannière plus impactante ?

La stratégie Randstad : philanthropie ciblée ou investissement économique ?

Il serait naïf de voir dans cette fondation un pur acte de bienfaisance. Randstad, acteur incontournable de la gestion des talents avec un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros en France en 2024, se positionne aussi sur un marché en mutation, frappé par la pénurie de compétences techniques.

Ainsi, au-delà du discours, la Fondation joue un rôle d’outil stratégique pour aiguiller les investissements sociaux vers des bassins d’emploi prioritaires, en phase avec les besoins du marché. Le soutien financier à des associations de terrain, le recours au volontariat de compétences, les recherches sur les freins à l’emploi participent d’une logique de retour sur impact – un concept désormais intégré dans la politique des grands groupes.

Et si l’on en croit les résultats de l’Institut Randstad pour sa dernière année d’existence (2024) : 20 projets soutenus, 2 100 bénéficiaires directs, 10 200 personnes touchées – la barre est placée haut pour sa remplaçante.

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