La finance durable, une filière en croisasnce de 23% sur un an

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Finance Durable
La finance durable, une filière en croisasnce de 23% sur un an © RSE Magazine

Alors que les discours sur la finance durable se multiplient, les chiffres révèlent une réalité plus nuancée. Entre engagements ambitieux et défis persistants, où en est réellement la finance durable en 2025 ?

Une croissance soutenue malgré des vents contraires

En 2025, le marché mondial de la finance durable continue de croître, atteignant une taille estimée à 8.272,7 milliards de dollars, contre 6.718,2 milliards en 2024, soit une croissance annuelle de 23,1%, peut-on lire dans le dernier Baromètre de la finance durable publié par ING. Cette expansion est portée par une demande accrue des investisseurs, des initiatives de responsabilité sociale des entreprises et un soutien réglementaire renforcé.

En Europe, les émissions d’obligations durables devraient atteindre environ 900 milliards d’euros en 2025, les obligations vertes représentant environ 63% des émissions totales. Cependant, la croissance reste modérée, freinée par des incertitudes réglementaires et des préoccupations liées au greenwashing.

Des engagements ambitieux des institutions financières

Les institutions financières affichent des objectifs ambitieux en matière de finance durable. La banque espagnole BBVA a relevé son objectif de financement durable à 700 milliards d’euros sur cinq ans, contre un objectif précédent de 300 milliards pour la période 2018-2025. Cette décision reflète une volonté accrue de soutenir les technologies propres et les infrastructures durables.

ING, de son côté, poursuit sa stratégie Terra, visant à aligner ses portefeuilles de prêts sur les objectifs de l’Accord de Paris. La banque s’engage à réduire de 35% son financement des activités pétrolières et gazières en amont d’ici 2030, avec un arrêt complet prévu d’ici 2040.

Une réglementation en évolution

La réglementation européenne continue d’évoluer pour renforcer la transparence et la crédibilité de la finance durable. La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose désormais aux grandes entreprises de publier des informations détaillées sur leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), avec une attention particulière portée à la double matérialité.

Par ailleurs, l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) a fixé au 21 mai 2025 la date limite pour que les fonds d’investissement dits « verts » consacrent au moins 80% de leurs actifs à des objectifs durables, excluant les énergies fossiles. Cette mesure pourrait entraîner un désinvestissement massif, estimé à 40 milliards de dollars, si les fonds ne se conforment pas aux nouvelles exigences.

Le financement des Objectifs de développement durable affiche un déficit criant

Malgré ces avancées, des défis subsistent. Le déficit de financement pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) dans les pays en développement et émergents a augmenté de 60%, passant de 2.500 milliards de dollars à 4.000 milliards entre 2015 et 2022.

De plus, la complexité croissante des labels de finance durable en Europe, avec plus de 11 labels aux exigences variées, complique la tâche des investisseurs et des gestionnaires d’actifs, rendant la lisibilité du marché plus difficile.

En 2025, la finance durable est donc à la croisée des chemins. Si les engagements des institutions financières et les évolutions réglementaires montrent une volonté claire de soutenir la transition écologique, des défis majeurs subsistent, notamment en matière de financement des ODD et de simplification des cadres réglementaires. La réussite de la finance durable dépendra de la capacité des acteurs à concilier ambition et pragmatisme, tout en assurant une transparence et une efficacité accrues.

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