Le programme E-TRANS du ministère de la Transition écologique accélère l’électrification des engins motorisés en s’élargissant aux activités de chantier et agricoles, promouvant ainsi une décarbonation renforcée des équipements hors route, un domaine en pleine mutation.
Une intensification du soutien pour l’électrification des engins motorisés au service des transitions
Le ministère de la Transition écologique annonce la nouvelle dimension du programme E-TRANS, qui s’inscrit désormais dans une stratégie élargie d’électrification, en étendant son champ d’action aux engins motorisés de chantiers et d’agriculture. Ce dispositif vise à renforcer les efforts en matière d’énergies et d’environnement dans les secteurs essentiels de la production et du bâtiment.
L’État, via l’ADEME, finance désormais non plus uniquement les véhicules lourds routiers électriques, mais prend aussi en charge l’électrification des engins motorisés utilisés dans le bâtiment, les travaux publics et, à titre expérimental, l’agriculture. Ce dispositif s’applique aux acquisitions ou locations d’engins neufs ou au rétrofit électrique de matériel existant. Dans ce cadre, « Il permettra d’accompagner les acteurs professionnels dans l’acquisition de véhicules ou d’engins électriques neufs ou dans le rétrofit électrique de ces mêmes véhicules et engins » fait savoir le gouvernement.
Véhicules lourds routiers électriques, engins de chantier… : les objectifs sont ambitieux
Pour atteindre ses objectifs, dans le cadre de son programme E-TRANS l’État prévoit désormais de soutenir au minimum 1.900 véhicules lourds routiers électriques, 400 engins de chantier électriques et 15 engins agricoles électriques. Ces ambitions marquent une nette montée en puissance par rapport à la phase initiale du programme, qui portait principalement sur les flottes de transport lourd. Cette diversification renforce la dynamique de décarbonation dans les secteurs où l’électrification est encore balbutiante.
Le dispositif est financé par des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et bénéficie d’un budget maximal de 18,6 TWh cumac, étalé jusqu’au 31 décembre 2028. À ce jour, déjà 10,37 TWh cumac ont été engagés. Cette donnée illustre la cadence de déploiement et l’importance attachée à mobiliser les ressources disponibles pour accélérer la transition vers des équipements plus propres.
Des appels à projets ciblés : encourager l’adoption concrète des solutions électriques
L’extension du programme E-TRANS s’accompagne de deux appels à projets structurants. Le premier, destiné aux engins agricoles, bénéficie d’un budget dédié de 1 million d’euros. Il vise à soutenir l’acquisition ou la location d’au moins 15 engins agricoles électriques, y compris des opérations de rétrofit. Cette initiative entend observer l’adoption technologique sur le terrain, capitaliser sur l’évolution des usages et diffuser les enseignements au sein de la filière agricole.
Le second appel à projets vise les engins de chantier électriques et mobilise les fonds restants de l’enveloppe globale du programme. Il a pour objectif d’accompagner l’achat ou la location d’au moins 400 engins de chantier électriques, tout en offrant un soutien technique à leur déploiement. Le modèle appliqué est inspiré des précédents appels à projets dédiés aux véhicules lourds routiers lancés depuis 2022 par l’ADEME.
Des engagements structurants au service d’une stratégie bas carbone
Cette extension s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et s’inscrit dans la planification écologique portée par le Gouvernement. Elle constitue une étape majeure pour décarboner les équipements professionnels lourds, notamment dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l’agriculture, où les solutions électriques sont encore émergentes.
En poussant ces filières vers l’électrification, l’État entend conjuguer efficacité énergétique, adaptation aux contraintes opérationnelles et promotion des filières porteuses d’avenir. Ce dispositif concret vise à transformer les pratiques professionnelles lourdes tout en diffusant les bonnes pratiques technologiques dans des secteurs jusqu’alors peu concernés par la transition énergétique.








